Ce soir-lĂ , la place VendĂŽme nâavait rien dâordinaire. Sous les lumiĂšres crues dâun espace blanc immaculĂ©, Haider Ackermann prĂ©sentait la collection automne 2026 de Tom Ford avec une conviction rare, celle dâun homme qui sait exactement ce quâil veut dire et Ă qui il sâadresse. Pour les hommes qui suivent la mode avec sĂ©rieux, ce dĂ©filĂ© constituait un signal clair. Le costume-tailleur nâest pas mort. Il revient, plus affĂ»tĂ© que jamais.
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| âš Collection prĂ©sentĂ©e place VendĂŽme lors de la Fashion Week avec une mise en scĂšne minimaliste đ Retour affirmĂ© du costume masculin avec des costumes croisĂ©s rayĂ©s Ă la coupe prĂ©cise đ§” Influence des annĂ©es 1980 visible dans les chemises rayĂ©es et les cols contrastĂ©s đ Denim taille trĂšs haute travaillĂ© avec des plis marquĂ©s et une bande tuxedo latĂ©rale đ§„ ImpermĂ©ables transparents superposĂ©s aux costumes, entre protection et dĂ©claration stylistique đ Tenues du soir minimalistes avec costumes courts et foulards en soie remplaçant la chemise đŻ Vision dâHaider Ackermann : moderniser le tailoring masculin sans trahir ses fondamentaux |

Ackermann a ouvert le dĂ©filĂ© avec des costumes croisĂ©s en laine Ă fines rayures noires et blanches, portĂ©s avec des chemises ouvertes jusquâau sternum. Pas de fanfare, pas dâexcĂšs, juste une silhouette dâune prĂ©cision chirurgicale. Les revers affĂ»tĂ©s, ornĂ©s de rosettes ou de cravates blanches, confĂ©raient Ă lâensemble un caractĂšre presque cĂ©rĂ©monial. Le message visuel Ă©tait limpide : cette collection automne 2026 invite Ă se tenir droit face au monde, Ă affronter le rĂ©el sans chercher Ă lâĂ©viter.
Les chemises Ă rayures, elles aussi, Ă©voquaient une certaine dĂ©cennie, les annĂ©es 1980, avec leur puissance revendiquĂ©e et leur col contrastĂ©, parfois ornĂ© dâun imprimĂ© dalmatien noir et blanc qui ajoutait une touche dâironie bienvenue. Chez Tom Ford, sous la direction dâAckermann, lâhumour ne sâĂ©tale jamais. Il affleure, discret, comme une signature personnelle glissĂ©e dans la doublure.

Le jean nâest pas en reste. Ackermann lâa travaillĂ© dans un rinçage foncĂ©, prĂ©dĂ©lavĂ© et marquĂ© de plis profonds : une matiĂšre que lâon connaĂźt depuis lâenfance, mais que lâon regarde ici diffĂ©remment. La coupe est haute, trĂšs haute, Ă la taille, presque austĂšre dans sa rigueur. Une bande de tuxedo courait le long de la jambe sur les cĂŽtĂ©s, rappelant que mĂȘme le denim peut prĂ©tendre au raffinement. Cette piĂšce rĂ©sumait Ă elle seule lâambition dâAckermann : retravailler les basiques masculins sans les trahir.
Par-dessus les costumes, il a superposĂ© des impermĂ©ables en plastique transparent. On aurait pu sourire. Mais on nâa pas ri. Ces piĂšces, loin dâĂȘtre anecdotiques, posaient une vraie question sur la signification de la protection, tant physique que symbolique. Le blazer raccourci en matiĂšre transparente, portĂ© sur un pantalon pastel avec une cravate club, donnait au look une allure dâAmerican Psycho revisitĂ©, moins menaçante et plus poĂ©tique.
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Pour le soir, Ackermann a fait le choix de la sobriĂ©tĂ©. Deux tenues masculines seulement : des costumes courts dont les chemises avaient Ă©tĂ© remplacĂ©es par des foulards en soie nouĂ©s avec dĂ©sinvolture, ainsi que ces fameux pantalons retenus par une fine ceinture glissĂ©e hors des passants et tombant lĂ©gĂšrement dâun cĂŽtĂ©. Une asymĂ©trie calculĂ©e, presque provocante. On se demande dĂ©jĂ quel homme osera les porter sur un tapis rouge.
Depuis quâil a pris les rĂȘnes de Tom Ford, Haider Ackermann sâest imposĂ© comme lâun des rares crĂ©ateurs capables de faire vivre le costume masculin sans le musĂ©ifier. Sa force rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă travailler le tailleur avec une prĂ©cision absolue tout en lui donnant vie, en lui insufflant quelque chose de personnel. Le micro-pied-de-poule cĂŽtoyait la rayure classique, les deux motifs Ă©tant exĂ©cutĂ©s avec la mĂȘme rigueur. La collection automne 2026 confirme ce que lâon pressentait : Ackermann est, Ă ce jour, au sommet de son art.



























