Quarante-quatre sélections ont déjà quitté le Mondial 2026. Il n’en reste que quatre, et elles se ressemblent étrangement : la France, l’Espagne, l’Angleterre et l’Argentine occupent les quatre premières places du classement FIFA.
Ce Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada, a donc tenu ses promesses en termes de hiérarchie respectée, et les prédictions avant les demi-finales se résument désormais à deux affiches. Mardi 14 juillet, à Dallas, les Bleus défient la Roja. Le lendemain, à Atlanta, l’Angleterre affronte l’Argentine, championne du monde en titre.
Dimanche 19 juillet, l’un de ces quatre pays soulèvera le trophée au MetLife Stadium de New York-New Jersey, rebaptisé pour l’occasion.
France-Espagne, le duel le plus équilibré du dernier carré
Sur le papier, rien ne distingue vraiment les deux prétendants. Didier Deschamps aborde ce qui sera son dernier tournoi à la tête des Bleus, et son équipe n’a toujours pas encaissé le moindre but depuis le début des huitièmes de finale. Kylian Mbappé culmine à huit réalisations, à égalité avec Lionel Messi en tête du classement des buteurs, tandis qu’Ousmane Dembélé en compte cinq. À eux deux, ils ont éliminé le Maroc en quart de finale sur le score sans appel de 2-0.
En face, Luis de la Fuente dispose d’un collectif capable de faire douter n’importe quelle équipe. L’Espagne reste sur une série de trente-six matchs sans défaite, la plus longue de son histoire, entamée après une défaite amicale contre la Colombie en mars 2024. Cette défense n’avait plus encaissé de but depuis plus de dix heures de jeu, jusqu’à ce que Charles De Ketelaere ne trouve la faille lors du quart de finale contre la Belgique. Mikel Merino, entré en cours de match, a de nouveau tranché en fin de rencontre, comme il l’avait déjà fait face au Portugal. Un joueur de complément devenu, au fil du tournoi, un atout décisif.
La dernière confrontation directe entre les deux nations remonte à la demi-finale de la Ligue des nations, remportée par l’Espagne après un scénario renversant. Le souvenir de cette rencontre plane forcément sur Dallas, même si le contexte, celui d’une Coupe du monde, n’a rien de comparable.
Tableau des demi-finales
Argentine-Angleterre, deux parcours fragiles sous haute pression
L’autre demi-finale oppose deux équipes qui n’ont jamais totalement rassuré leur public. L’Argentine a dû batailler en prolongation contre le Cap-Vert, a frôlé l’élimination face à l’Égypte avant de renverser la situation, puis a fini par dompter une Suisse pourtant réduite à dix. Une razzia loin d’être maîtrisée du début à la fin, mais Lionel Scaloni peut se targuer d’avoir un vestiaire capable de tenir sans dépendre uniquement de Lionel Messi, muet devant le but suisse, mais décisif sur l’ouverture du score de Julián Álvarez.
L’Angleterre, elle, doit une bonne partie de son parcours à Jude Bellingham. Le milieu de terrain du Real Madrid a inscrit un doublé pour venir à bout d’une Norvège coriace, prolongeant ainsi le rêve anglais d’un premier sacre depuis 1966. Thomas Tuchel lui-même n’a pas caché ses réserves sur le contenu produit par son équipe, mais à ce stade de la compétition, seul le résultat compte. Les deux nations se retrouvent en Coupe du monde pour la première fois depuis 2002, et la charge symbolique de cette rencontre n’échappe à personne.
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Les probabilités placent la France en tête des favoris
Les modèles de simulation, largement utilisés par les observateurs spécialisés, placent la France en tête des favoris, avec une probabilité de victoire finale avoisinant les 34 %. Elle aurait plus d’une chance sur deux d’atteindre une troisième finale consécutive.
L’Espagne suit de près, avec près d’une chance sur quatre de remporter le tournoi et une probabilité de 42 % d’atteindre la finale. L’Angleterre, favorite pour sortir vainqueur de son duel contre l’Argentine, reste troisième au classement des pronostics, avec environ 22 % de chances. Les champions du monde argentins ferment la marche, avec un peu plus de 20 % de chances de conserver leur titre, malgré leur statut de sélection la moins convaincante du dernier carré selon ces mêmes projections.
Ces chiffres ne remplacent pas le terrain. Ils offrent simplement une photographie, à un instant T, des rapports de force jugés serrés par la plupart des observateurs.
Un dernier carré réservé aux anciennes championnes du monde
C’est seulement la troisième fois, depuis la création de la compétition, que les quatre demi-finalistes ont déjà remporté le trophée par le passé. Un précédent similaire s’était produit en 1970 et en 1990. Autant dire que, quel que soit le vainqueur final, l’histoire retiendra un tournoi hors norme, disputé sur un continent qui découvre l’ampleur de l’événement à cette échelle.
Pour la France, une victoire permettrait à Deschamps de clore sa carrière de sélectionneur sur un troisième sacre mondial en trois finales, un exploit que personne n’a réalisé avant lui. Pour l’Espagne, ce serait la confirmation d’un cycle entamé avec le titre continental et un deuxième sacre mondial après 2010. Pour l’Angleterre, l’enjeu dépasse le cadre sportif : soixante ans d’attente et une génération dorée qui n’a plus le droit à l’échec. Enfin, pour l’Argentine, conserver la couronne obtenue au Qatar reviendrait à réussir ce que seul le Brésil est parvenu à accomplir depuis 1962.
Nos projections
La résistance mentale devient le véritable facteur décisif
Reste la question du contexte. Jouer une demi-finale de Coupe du monde exige une force mentale que peu de sélections possèdent naturellement. Les quatre équipes encore en lice ont chacune traversé des moments de doute avant de trouver les ressources nécessaires pour avancer. La France a dû hausser le ton en fin de match contre le Maroc. L’Espagne a encaissé un but qu’elle n’avait jamais concédé jusque-là. L’Argentine a frôlé la correctionnelle contre l’Égypte. L’Angleterre s’est appuyée sur un seul homme pour compenser un jeu jugé décevant par son propre sélectionneur.
À l’heure des pronostics, rien n’est donc totalement joué. Les statistiques donnent un avantage net à la France et, dans une moindre mesure, à l’Espagne, mais le football conserve ce goût d’incertitude qui fait tout son charme, surtout lorsque l’enjeu est si élevé. Rendez-vous mardi et mercredi pour découvrir les deux finalistes de cette Coupe du monde 2026.



