| La Salomon XT-Evo doit rejoindre la collection principale de Salomon le 2 septembre 2026 après ses débuts chez Kith le 7 août. Trois coloris sont annoncés pour ce lancement mondial. Le modèle reprend l’Agile Chassis System de la XT-6 et une tige redessinée en mesh et éléments moulés. Le prix annoncé est de 200 dollars. |
Trois semaines. C’est le temps qu’il aura fallu à Salomon pour transformer une exclusivité Kith en sortie grand public, un timing qui, dans le monde de la sneaker, n’a rien d’un hasard. Annoncée après une sortie très remarquée chez Kith début août, la XT-Evo s’apprête à rejoindre la collection principale de la marque savoyarde le 2 septembre.

La nouvelle silhouette reprend le châssis « Agile Chassis System » qui a fait la réputation de la XT-6, structure pensée pour tenir sur un sol instable, entre deux densités de mousse EVA. On y retrouve aussi le mesh jumbo, signature visuelle de la lignée. Trois coloris accompagnent ce lancement en collection principale : un « Black/Asphalt », un « Alloy/Castlerock/FTW Silver » aux nuances minérales et un « Black/Fiery Red/White » qui reprend une des teintes originelles de la XT-6.
| 📌 Repères clés |
|---|
| 👟 La Salomon XT-Evo doit rejoindre la collection principale de la marque le 2 septembre 2026 après ses débuts chez Kith en août. 🎨 Salomon prévoit trois coloris pour cette diffusion générale — Black/Asphalt, Alloy/Castlerock/FTW Silver et Black/Fiery Red/White. 🏔️ La XT-Evo conserve l’Agile Chassis System dérivé de la XT-6 tout en adoptant une tige entièrement redessinée. 💵 Le prix annoncé pour la Salomon XT-Evo est de 200 dollars sur le marché international évoqué dans l’article. 🇫🇷 Le prix et la disponibilité spécifiques à la France restent à confirmer. |
Parlons peu, parlons juste : la XT-Evo n’invente pas un genre, elle le prolonge. Elle descend en ligne directe de la XT-6, ce modèle né en 2013 comme chaussure de trail, conçu par les équipes S/Lab pour l’endurance en terrain accidenté, et qui s’est retrouvé, sans crier gare, sur les trottoirs des capitales. Personne n’avait vraiment vu venir ce basculement. Salomon fabriquait des outils de course, on lui a fait porter une toge de sneaker culte, et la marque a fini par l’accepter avec une élégance presque amusée.

Rien de cet héritage n’a été sacrifié sur l’autel de la nouveauté, et c’est bien là que réside l’habileté du geste. Reste que la tige a été redessinée, et cette fois, on sent davantage la main du styliste que celle de l’ingénieur pur. Les proportions sont plus vives, les superpositions plus nombreuses et les lignes plus tendues, comme si la chaussure cherchait, à chaque angle, à raconter une vitesse qu’elle n’a pourtant jamais à fournir en magasin. Des surpiqûres en caoutchouc liquide viennent ajouter du relief là où la XT-6 se contentait de surfaces plates, donnant à l’ensemble une texture presque organique, comme si la matière avait coulé puis figé au bon moment.
C’est là que l’exercice devient intéressant, et périlleux : redessiner un modèle sans jamais le renier. Une silhouette outdoor qui devient street ne peut pas se permettre de perdre sa crédibilité technique en chemin. C’est précisément ce qui a fait la valeur de la XT-6 auprès de ses puristes et ce que la XT-Evo joue en filigrane avec son rouge « Fiery Red », clin d’œil assumé à l’histoire du modèle plutôt qu’un choix marketing gratuit.
La stratégie de sortie mérite qu’on s’y attarde. Début août, Kith a dégainé en premier, comme souvent avec Ronnie Fieg aux manettes, avec deux coloris collaboratifs présentés dans le cadre de sa collection &Kin automne 2026, disponibles à New York, Paris, Tokyo et Londres. Un mois plus tard à peine, Salomon reprend la main et propose sa version grand public. Cette manière de procéder – réserver l’exclusivité à un partenaire pointu avant d’ouvrir les vannes – n’est pas nouvelle dans le monde de la sneaker, mais elle fonctionne toujours. Elle crée un désir en deux temps : d’abord celui, restreint, des collectionneurs qui campent devant une boutique Kith, puis celui, plus large, du grand public qui découvre le modèle sans avoir à faire la queue ou à participer à une loterie.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
Le XT-Evo arrive au milieu d’une séquence particulièrement dense pour la marque française. En juillet, Salomon a proposé pour la première fois une sélection de modèles, dont le XT-6, le XT-6 GTX et le XT-Whisper, dans un nombre restreint de boutiques Foot Locker et sur son site de commerce en ligne. Le même mois, la marque ouvrait son quatrième magasin new-yorkais : un espace de 408 mètres carrés dans le quartier de Flatiron qui vient compléter ses adresses de SoHo, Williamsburg et Upper West Side, ainsi que son point de vente aux Woodbury Common Premium Outlets.
Pour une marque encore perçue il y a cinq ans comme un pur équipementier outdoor, la transformation est frappante. Salomon construit méthodiquement une présence lifestyle, ville par ville, collaboration après collaboration, sans jamais lâcher son ADN trail – et c’est précisément cette discipline qui distingue son expansion de celle, plus opportuniste, de certains concurrents outdoor devenus streetwear du jour au lendemain.

Aucune date ni prix officiels n’ont encore été communiqués pour le marché français à l’heure où ces lignes sont écrites. Sur la base du positionnement de la XT-6 chez les détaillants français (Courir, Size?, Solebox), une fourchette de 190 à 210 euros et une disponibilité alignée sur le lancement mondial du 2 septembre semblent les hypothèses les plus probables, à confirmer.
Les paires Kith resteront probablement une exclusivité de la collaboration, à l’instar de la XT-Voyager, jamais rééditée en dehors du partenariat. De quoi entretenir la rareté qui fait tourner les bots et les stocks à chaque sortie.
La version grand public du 2 septembre s’annonce comme le vrai test : celui de savoir si le XT-Evo peut devenir, à son tour, un incontournable de la rue, au même titre que son aîné, et si Salomon peut continuer d’élargir sa base sans jamais donner l’impression de brader son histoire.



