| COS a présenté sa collection automne-hiver 2027 à New York lors de son cinquième défilé consécutif à la Fashion Week. La collection compte 47 silhouettes. Le défilé s’est tenu au WSA Building du Financial District. Une sélection des pièces présentées est annoncée comme disponible en boutique et sur cos.com. |
Un défilé perturbé par des militants anti-fourrure, une architecture froide du Financial District, et au milieu de tout cela, une collection qui ne cherche même pas à hausser le ton. C’est peut-être ça, le vrai coup de force de COS : rester d’un calme absolu pendant que tout s’agite autour.
COS a présenté sa collection automne/hiver 2026 dimanche, à l’occasion de son cinquième défilé consécutif lors de la New York Fashion Week. Le décor choisi, l’emblématique WSA Building du Financial District, donnait déjà le ton : une architecture froide, verticale, presque austère, qui préfigurait l’esprit des silhouettes à venir.
Cette nouvelle saison confirme une trajectoire connue. COS ne cherche pas à surprendre. Elle affine.

Quarante-sept silhouettes ont défilé sous cette verrière industrielle, déployant une palette restreinte de gris froids, de noir et de bleu marine. Quelques touches de brun doux sont venues réchauffer l’ensemble, et une pointe de violet intense est apparue ici et là, presque incongrue au milieu de tant de retenue. C’est l’un des tours de force de la maison : introduire une note vive sans rompre l’harmonie générale.
Côté vestiaire masculin, l’accent est mis sur le tailoring. Les pièces d’extérieur se distinguent par des fermetures croisées et des pattes d’épaule, un vocabulaire emprunté au vestiaire militaire, mais désamorcé et rendu civil. Les ensembles coordonnés s’ancrent dans des fondamentaux solides : la chemise signature, les mailles à demi-zip et les pantalons qui alternent entre coupes ajustées et volumes plus amples. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant rien ne semble forcé.

Le cachemire double face occupe une place centrale cette saison. Il façonne des manteaux enveloppants, presque des cocons, dans des longueurs maxi affirmées et des tailles cintrées. Des détails de col viennent structurer ces pièces sans les alourdir. On retrouve aussi du cuir, travaillé de deux manières bien distinctes : des constructions artisanales aux découpes brutes d’un côté et des silhouettes plus classiques de l’autre. Les tissages en chevrons, inspirés du patrimoine textile européen, ajoutent une dimension presque tactile à l’ensemble.
Les finitions comptent autant que les pièces maîtresses. Des cravates ton sur ton, des chaussures derby, des mocassins soigneusement choisis : ces détails achèvent la silhouette sans jamais la surcharger. On sent une équipe de style qui a pensé chaque centimètre sans jamais céder à la surenchère.
Le lieu du défilé mérite qu’on s’y attarde. Le WSA Building, avec ses lignes droites et sa lumière naturelle, entre en résonance directe avec les vêtements présentés. Précision, structure, retenue : les mêmes mots s’appliquent aussi bien à l’architecture du bâtiment qu’aux costumes. Ce choix n’a rien d’anodin. Il révèle une marque qui pense son image de façon cohérente, du décor jusqu’au dernier bouton de manchette.
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Un incident est cependant venu perturber le déroulement du défilé. Des militants de l’association PETA se sont invités à plusieurs reprises sur le podium, brandissant des pancartes contre l’usage de la laine, avant d’être escortés hors du bâtiment par le service de sécurité. Le public, un temps déstabilisé, a néanmoins vu le défilé se poursuivre jusqu’à la fin. Cet incident a depuis suscité des réactions bien au-delà du cercle restreint de la Fashion Week, rappelant que les podiums sont aussi des lieux d’expression politique. Ce genre d’intrusion n’est pas propre à COS : les défilés de la Fashion Week sont devenus, ces dernières saisons, une cible récurrente pour les actions militantes visant l’industrie de la laine et de la fourrure – un contexte qui donne à l’incident une résonance dépassant la seule marque.
Reste la collection elle-même, et c’est elle qui, au fond, justifie le déplacement. COS signe ici un exercice de style maîtrisé, où le glamour feutré des années 1920 affleure sans jamais s’imposer. On le devine dans les drapés, dans certaines textures travaillées avec soin, dans une élégance qui refuse la démonstration. Pour l’homme contemporain qui veut s’habiller sans en mettre plein la vue, cette collection automne/hiver 2027 coche toutes les cases. Elle propose un vestiaire dense, porté par des matières nobles et une coupe irréprochable, sans jamais tomber dans l’excès.

Une sélection de pièces présentées lors de ce défilé est d’ores et déjà disponible en boutique et sur cos.com. D’autres arriveront en quantités limitées tout au long de la saison, selon un rythme désormais familier aux habitués de la marque.
Ce qui frappe, en réalité, c’est que COS n’a plus rien à prouver : la marque a fait de la discrétion une signature, alors que la plupart de ses concurrentes misent sur l’esbroufe pour exister sur les réseaux sociaux.
















