| Glenn Martens a présenté son dernier défilé pour Diesel le mardi 22 septembre 2026 à Milan, concluant six années à la direction artistique de la maison. Le créateur belge, également directeur artistique de Maison Margiela depuis janvier 2025, va désormais s’y consacrer à temps plein. Diesel appartient au groupe OTB, fondé par Renzo Rosso. Le nom du successeur n’a pas été communiqué à ce jour. |
La collection printemps 2027 de Diesel restera dans les annales comme celle des adieux. Mardi 22 septembre, à Milan, Glenn Martens a présenté son ultime défilé pour la maison fondée par Renzo Rosso, six ans après avoir pris ses fonctions. Le créateur belge, déjà à la tête de Maison Margiela depuis janvier 2025, va désormais s’y consacrer entièrement.

Rien dans cette collection printemps 2027 ne laissait présager une fin de règne bâclée. Martens a choisi de refermer son chapitre chez Diesel avec les gestes qui ont fait sa signature : denim disloqué, traitements en trompe-l’œil, tailoring tendu jusqu’à la torsion, pièces qui semblent avoir survécu à quelque chose. Le cuir laser sur denim, les découpes en forme d’orchidées qui grignotent les mailles des pulls, les surfaces imprimées qui craquent pour révéler d’autres vêtements en dessous : chaque pièce racontait un travail de matière poussé à son terme, sans jamais tomber dans la démonstration gratuite.
Pour l’homme, l’exercice tenait particulièrement bien la route. Les vestes de trucker recomposées, les pièces de tailleur à moitié arrachées du corps, les surchemises de bûcheron imprimées sur nylon : autant de vêtements pensés pour un vestiaire quotidien, mais toujours chargés d’une tension qui empêchait toute banalité. C’est précisément ce jeu entre confort revendiqué et inconfort assumé qui a caractérisé le travail de Martens chez Diesel depuis ses débuts remarqués lors du printemps 2022.

Il faut se rappeler d’où partait Diesel en 2020. La maison traversait une période sans réelle direction artistique depuis 2017, cantonnée à son image de spécialiste du jean basique. Martens en a fait un laboratoire d’expérimentation textile doublé d’un phénomène culturel. Les défilés ouverts au public, les collaborations inattendues, les campagnes provocantes : la stratégie a payé, au point de faire de Diesel l’une des marques les plus commentées de la mode récente.
Pour le vestiaire masculin en particulier, cette période aura marqué un tournant. Diesel est redevenue une marque que l’on porte sans complexe, où le jean travaillé côtoie des pièces presque sculpturales, où le streetwear dialogue avec une forme d’artisanat visible. Les silhouettes masculines, souvent reléguées au second plan dans les récits de mode, ont ici occupé une place centrale : costumes déstructurés, chemises hybrides, pièces en denim traité comme du cuir.
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Backstage, Martens n’a pas caché sa fierté envers les équipes qu’il a constituées depuis son arrivée. Il a évoqué une marque qui, selon ses mots, partait de simples t-shirts et pantalons cinq poches pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Renzo Rosso, de son côté, a salué une contribution extraordinaire à la maison.
Le nom du successeur n’a pas encore été communiqué par le groupe OTB, propriétaire de Diesel et de Maison Margiela. Cette incertitude n’enlève rien à la solidité de l’héritage laissé par Martens : une identité clarifiée, un vestiaire masculin repositionné entre expérimentation et désirabilité, ainsi qu’une base de fans renouvelée et engagée.

Ce défilé printemps 2027 fonctionne comme un condensé de ce que Martens a apporté à Diesel : une manière de retravailler le denim jusqu’à en faire un matériau presque architectural, un goût assumé pour la tension entre rigueur et déstructuration, ainsi qu’une capacité à rendre désirables des pièces qui, sur le papier, semblent abîmées. Rien n’était figé, tout semblait en mouvement, jusqu’au dernier salut.
Six ans après son arrivée, Martens quitte Diesel avec un vestiaire masculin métamorphosé et une marque redevenue centrale dans les conversations de la mode. La suite s’écrira ailleurs, chez Maison Margiela, où il concentre déjà toute son énergie créative. Reste, pour l’instant, cette dernière collection printemps 2027, point final soigné d’une histoire qui aura marqué la décennie.



























