Il y a des rendez-vous que la mode se donne Ă elle-mĂȘme, dans les mĂȘmes salons feutrĂ©s, aux mĂȘmes heures immuables. Et puis, il y a Colm Dillane. Pour la collection printemps 2027 de KidSuper, le trentenaire de Brooklyn a fait ce que personne nâavait osĂ© faire avant lui : quitter le calendrier parisien pour installer son podium au cĆur du Nu Stadium, Ă Miami, en pleine Coupe du monde.

« Câest mon dĂ©filĂ© parisien, en version dĂ©localisĂ©e », confiait-il Ă quelques minutes du show, Ă©voquant sa dĂ©cision de quitter la semaine de la mode masculine de Paris pour prĂ©senter sa collection printemps 2027 depuis la Floride. La phrase a des allures de boutade. Elle est surtout un manifeste.
Car Dillane nâest pas de ceux qui suivent le ballon rond en dilettante. Ancien joueur professionnel restĂ© un fervent supporter, il tenait Ă dĂ©montrer que la mode avait trouvĂ© en lui cet Ă©tĂ© son admirateur le plus assidu et le plus averti du football. Un comble presque touchant dans un milieu oĂč lâon prĂ©fĂšre gĂ©nĂ©ralement le crampon au mocassin.
| đ RepĂšres clĂ©s |
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| ✠KidSuper printemps 2027 quitte Paris pour Miami, en pleine effervescence footballistique. đïž Colm Dillane transforme le stade en podium, entre show mode et culture supporter. đ La collection rĂ©unit tailoring dĂ©structurĂ©, streetwear colorĂ©, denim et silhouettes fĂ©minines imprimĂ©es. đ€ Mercedes-Benz, McDonaldâs, Hublot, Bose et Perrier participent au rĂ©cit collaboratif. đ Sean Paul, les enfants en maillots et un feu dâartifice prolongent lâĂ©nergie du dĂ©filĂ©. |

Lâhistoire commence par une contrainte de calendrier. Le crĂ©ateur avait remarquĂ© que le match opposant le Portugal Ă la Colombie se jouait Ă Miami le mĂȘme jour que son dĂ©filĂ© parisien et avait imaginĂ© pouvoir le tenir sur place.
LâidĂ©e initiale, encore plus folle, Ă©tait de transformer sa prĂ©sentation en spectacle de mi-temps. RefusĂ©e. Il y avait, selon ses propres mots, trop de raisons pour que la rĂ©ponse soit nĂ©gative. QuâĂ cela ne tienne. Le stade des Inter Miami de Lionel Messi lui a ouvert ses portes un jeudi soir de juin.
Le nom du spectacle, lui, sonnait déjà comme un programme.
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BaptisĂ© Resenha, une expression brĂ©silienne qui dĂ©signe les conversations nĂ©es autour du football, le dĂ©filĂ© prĂ©sentait quarante-huit silhouettes puisant dans les couleurs et les cultures des pays engagĂ©s dans la compĂ©tition. LâidĂ©e nâĂ©tait pas nouvelle pour lui : elle prolongeait une campagne menĂ©e pour BAPE, dans laquelle des grand-mĂšres venues des 48 nations qualifiĂ©es posaient avec des sneakers dessinĂ©es par ses soins.
Le vestiaire, lui, refusait toute uniformitĂ©. On y trouvait du tailoring dĂ©structurĂ©, du streetwear saturĂ© de couleurs, des patchworks savants, ainsi quâun clin dâĆil assumĂ© Ă lâunivers western, avec des jeans, des vestes en denim et des chapeaux de cow-boy.

Miami version KidSuper, câest aussi une addition de complicitĂ©s. Plus de cinquante artistes venus du monde entier ont participĂ©. Mercedes-Benz, McDonaldâs, Hublot, Bose et Perrier ont signĂ© des collaborations pensĂ©es pour lâoccasion, tandis que Shay Mitchell, la fondatrice de Beis, prĂ©sentait elle-mĂȘme sur le podium une malle imprimĂ©e en hommage Ă ses racines canadiennes. Enfin, les enfants ont clos le dĂ©filĂ©, vĂȘtus des maillots des quarante-huit sĂ©lections, reprenant ainsi le rituel de la mascotte qui accompagne les joueurs sur la pelouse.
Chez Dillane, on aime cette maniĂšre de ne jamais sĂ©parer lâhomme du supporter. Son partenariat avec PUMA, qui a habillĂ© les crampons de Christian Pulisic et de Neymar cette saison, nâest pas un coup marketing isolĂ©, mais le prolongement logique dâune passion qui remonte Ă lâadolescence, quand il jouait encore en club avant de se tourner vers la mode.

Il y avait foule ce soir-lĂ . Plus de deux mille spectateurs Ă©taient prĂ©sents, malgrĂ© les contraintes de sĂ©curitĂ© propres Ă un stade en pleine compĂ©tition mondiale. Sean Paul a clos la soirĂ©e en musique, transformant le podium en piste de danse improvisĂ©e, y compris pour la mĂšre du crĂ©ateur. Un feu dâartifice a mis un point final Ă lâensemble, comme pour rappeler que la mode et le sport parlent parfois la mĂȘme langue.
Reste une question, presque candide : Paris retrouvera-t-il son enfant prodige la saison prochaine ? La marque promet que oui, que ce dĂ©tour floridien restera une parenthĂšse. On veut bien la croire. Mais on se surprend dĂ©jĂ Ă espĂ©rer une suite, quelque part entre un stade et un podium, lĂ oĂč Colm Dillane semble avoir trouvĂ© sa vĂ©ritable maison.













