Kimi Antonelli n’a plus besoin de miracle pour gagner, et c’est ce qui inquiète le paddock

Le Madring accueille sa première Formule 1, Norris semble avoir la course en main, puis quelques secondes de stratégie suffisent à replacer Antonelli au centre du championnat.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
17 Minutes de lecture
Kimi Antonelli remporte le Grand Prix d'Espagne sur le circuit de Madring, à Madrid, en Espagne, le 13 septembre 2026 - © Jiri Krenek / Active Pictures (AMG Petronas Formula 1 Team)
Kimi Antonelli a remporté le Grand Prix d’Espagne 2026 à Madrid, sur le nouveau circuit du Madring. Le pilote Mercedes s’est imposé devant Max Verstappen et Lando Norris après 57 tours. Ce succès porte son avance sur George Russell à 81 points. Mercedes totalise désormais 503 points au championnat constructeurs.

Une semaine après avoir remonté depuis la dix-neuvième position pour s’imposer dans un scénario spectaculaire à Monza, Kimi Antonelli vient de livrer la démonstration inverse – et sans doute la plus inquiétante pour ses adversaires. À Madrid, sur le tout nouveau tracé du Madring qui accueillait sa première course de Formule 1, le pilote Mercedes n’a eu besoin d’aucun exploit. Juste de gestion, de lucidité et d’un sens du placement qui ne l’a pas quitté pendant cinquante-sept tours. Il s’impose devant Max Verstappen et Lando Norris, et prend un peu plus le pouvoir dans le championnat du monde 2026.

Tout semblait pourtant réglé pour Lando Norris. Parti en pole position après un tour de qualification qu’il avait lui-même qualifié de « parfait », le Britannique comptait plus de six secondes d’avance au quatorzième tour sur cinquante-sept. La course paraissait pliée.

Kimi Antonelli n'a plus besoin de miracle pour gagner, et c'est ce qui inquiète le paddock
Kimi Antonelli remporte le Grand Prix d’Espagne sur le circuit de Madring, à Madrid, en Espagne, le 13 septembre 2026 – © Hoch Zwei (AMG Petronas Formula 1 Team)

Puis Lance Stroll s’est arrêté au virage 20, déclenchant une voiture de sécurité virtuelle. Norris, qui était trop avancé sur le circuit au moment de l’activation, n’a pas pu rallier son stand à temps. Ses rivaux directs, eux, en ont immédiatement profité : Antonelli, Verstappen et Russell se sont arrêtés dans la foulée, bénéficiant d’un ravitaillement presque gratuit à faible vitesse. Norris, contraint d’attendre un tour supplémentaire, est entré aux stands juste après le retour du drapeau vert, pour un arrêt plus long que prévu, aggravé par un problème sur le pneu avant droit. Il est ressorti cinquième. La course qu’il maîtrisait venait de lui filer entre les doigts en l’espace de quelques secondes.

Pendant que les leaders se réorganisaient, Charles Leclerc restait sur la piste, ayant choisi de s’élancer en pneus durs – un pari payant face à des températures de piste frôlant les 52°C. Il a hérité de la tête de course et l’a conservée pendant plus de trente tours, Ferrari misant sur une éventuelle voiture de sécurité tardive. Elle n’est jamais venue. Leclerc s’est arrêté au quarante-neuvième tour pour chausser des pneus tendres neufs, puis a rejoint la piste pour terminer en quatrième position après les dix derniers tours.

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📌 Repères clés
🏆 Kimi Antonelli remporte le Grand Prix d’Espagne à Madrid devant Max Verstappen et Lando Norris.
⏱️ La voiture de sécurité virtuelle provoquée par Lance Stroll fait basculer la course alors que Norris comptait plus de six secondes d’avance.
📈 Antonelli porte son avance sur George Russell de 66 à 81 points au championnat du monde.
⭐ Mercedes atteint 503 points au championnat constructeurs et possède 145 points d’avance sur Ferrari.
🏁 Le Grand Prix constitue la première course de Formule 1 organisée sur le nouveau circuit madrilène du Madring.

Chez Mercedes, la stratégie n’a pas fait l’unanimité : George Russell, arrêté une seconde fois au vingt-neuvième tour malgré ses réserves, n’a pas caché son incompréhension sur les ondes radio : « Pourquoi on s’est arrêtés ? J’aurais pu tenir Norris à distance. » Il terminera à trente secondes du podium, se consolant avec le meilleur tour en course.

Antonelli a d’abord profité d’une consigne d’équipe chez Red Bull : Verstappen a en effet dû restituer une position à Hamilton après un dépassement jugé irrégulier au premier virage, manœuvre qui a laissé passer la Mercedes. Le reste de la course, l’Italien l’a construit avec application, veillant à ne pas trop chauffer ses freins en restant proche de Leclerc avant l’arrêt du Ferrari, tout en flirtant avec les limites de la piste, sa principale faiblesse cette saison. Une fois Leclerc rentré aux stands, Antonelli a repris la tête et n’a plus été inquiété. Verstappen est revenu à moins d’une seconde et Norris a grimpé jusqu’en troisième position, mais aucun des deux n’a trouvé l’ouverture pour menacer la victoire.

Kimi Antonelli n'a plus besoin de miracle pour gagner, et c'est ce qui inquiète le paddock
Kimi Antonelli, Lando Norris et Max Verstappen au Grand Prix d’Espagne sur le circuit de Madring, à Madrid, en Espagne, le 13 septembre 2026 – © Hoch Zwei (AMG Petronas Formula 1 Team)

Sur la radio, après l’arrivée, le message d’Antonelli est resté sobre : « On continue de pousser. » Une phrase qui résume assez bien sa saison. Avec ce succès, son avance au championnat sur son coéquipier Russell passe de 66 à 81 points. Mercedes consolide de son côté sa domination chez les constructeurs avec 503 points, soit 145 de plus que Ferrari, alors qu’il ne reste que neuf manches à disputer.

Le week-end de Norris n’avait pourtant pas été simple : il avait manqué la deuxième séance d’essais libres à cause d’un problème de boîte de vitesses, ce qui l’avait privé d’un temps précieux sur ce circuit inédit. Au quarante-deuxième tour, il revenait sur Verstappen, alors troisième, à moins d’une seconde. Il a profité de l’arrêt de Leclerc au quarante-neuvième tour pour monter sur le podium, puis il s’est accroché aux basques du Néerlandais jusqu’à la fin de la course, sans jamais parvenir à porter l’attaque décisive.

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Pour Lewis Hamilton, ce Grand Prix restera comme l’un des moments les plus difficiles de sa saison. Une semaine après un accrochage tendu avec Leclerc à Monza, le septuple champion du monde a connu son premier abandon de l’année. Le début de course avait pourtant été encourageant, avec un bon envol et une lutte avec Verstappen dès le premier tour. Mais Hamilton a rapidement signalé un problème de freins, confirmé quand sa monoplace est sortie de la piste au virage 20, mettant fin à sa course au neuvième tour, pour un premier résultat à zéro point cette saison.

Interrogé par Sky Sports après son abandon, Hamilton n’a pas cherché à minimiser la supériorité de son rival : « Il n’y a pas moyen d’arrêter Antonelli et Mercedes cette année. » Un constat qui, dans la bouche d’un pilote de son calibre, pèse lourd.

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Les commentaires des pilotes en début de semaine laissaient présager un tout autre scénario. Les essais de Formule 3 organisés le mois précédent avaient été marqués par une dizaine de drapeaux rouges et les manches de Formule 2 et de Formule 3 du week-end avaient également connu plusieurs accrochages. Même les essais libres de Formule 1 n’avaient pas été épargnés : Hamilton, Arvid Lindblad et Ollie Bearman ont tous été impliqués dans des incidents vendredi et samedi, celui de Bearman en EL3 étant assez sérieux pour l’empêcher de participer aux qualifications.

Kimi Antonelli n'a plus besoin de miracle pour gagner, et c'est ce qui inquiète le paddock
Mercedes AMG Petronas F1 Team W17 de Kimi Antonelli sur le circuit de Madring, à Madrid, en Espagne, le 13 septembre 2026 – © Clive Mason/Getty Images (AMG Petronas Formula 1 Team)

Dimanche, pourtant, la course s’est transformée en un exercice de gestion, loin du chaos redouté – un scénario qui rappelle le Grand Prix d’Azerbaïdjan 2016, première course disputée à Bakou, où les prévisions de bagarre généralisée, nourries par les catégories inférieures, ne s’étaient pas concrétisées non plus en Formule 1.

Le principal moment de tension est survenu dans les huit derniers tours, après l’arrêt de Leclerc, quand les trois premiers se tenaient en moins de deux secondes, avant qu’Antonelli ne reprenne le large sur Verstappen et Norris. Plusieurs pilotes ont pointé, lors de la conférence de presse, le manque d’opportunités de dépassement offertes par le tracé, ainsi qu’une voie des stands particulièrement longue, qui dissuade les équipes de prendre des risques stratégiques. Ce Grand Prix d’Espagne était le premier organisé sur ce circuit ; les retours des équipes, des pilotes et du public permettront sans doute d’ajuster le tracé pour les éditions à venir.

Grand Prix d’Espagne 2026 — Classement final

Circuito de Madring, Madrid · 57 tours (308,399 km) · Dimanche 13 septembre 2026

Pos.PiloteÉcurieToursÉcartPts

Note — Gasly a reçu une pénalité de 5 secondes pour excès de vitesse dans la voie des stands.

Source : classement officiel FIA / Formula1.com. Temps du vainqueur : 1:34:23.754.

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