Il fait une chaleur Ă fondre les coutures. Pour son dĂ©filĂ© printemps 2027, Magliano a choisi le pire moment de lâannĂ©e pour prĂ©senter ses crĂ©ations Ă Paris â et câĂ©tait bien sĂ»r le bon. Luca Magliano a installĂ© son dĂ©filĂ© chez Maximâs, en pleine canicule, et a fait entrer dans la salle des silhouettes qui semblaient sortir dâun repas trop long, quelque part au bord de la mer.

Des mannequins en partie dĂ©vĂȘtus, assis ou affalĂ©s autour dâune longue table. Des cigarettes, des verres, des conversations quâon imagine sans fin. Le crĂ©ateur a dĂ©crit sa collection comme une « Mediterranean Gothic », une formule qui rĂ©sume bien lâesprit de la saison : du sacrĂ© et du dĂ©braillĂ© mĂȘlĂ©s sans complexe.
Pas de minimalisme propret ici. Magliano transforme le vestiaire dâĂ©tĂ© jusquâĂ le rendre mĂ©connaissable. Les foulards en soie se transforment en parĂ©os nouĂ©s Ă la taille avec des ceintures ou en bustiers tordus portĂ©s sur des pantalons roulĂ©s aux chevilles. Les sandales en bois remplacent les baskets. Tout semble improvisĂ©, et câest prĂ©cisĂ©ment le but.

La saison part dâun geste presque intime. Avant de dessiner quoi que ce soit, Magliano a demandĂ© Ă son Ă©quipe dâapporter des albums photo de famille. Câest de ces clichĂ©s jaunis quâest nĂ©e une fascination pour les annĂ©es 1970, moins pour leur esthĂ©tique que pour leur texture, leur grain, leur usure. Le crĂ©ateur Ă©voque « la patine, la patine dâune vieille photo, de la mĂ©moire » pour expliquer cette obsession du temps qui passe sur lâimage.
Ă cette nostalgie, il ajoute une pointe de Y2K. De quoi brouiller les pistes.
| đ RepĂšres clĂ©s |
|---|
| đ Lieu â DĂ©filĂ© prĂ©sentĂ© chez Maximâs pendant la Fashion Week de Paris. đ Inspiration â Une esthĂ©tique mĂ©diterranĂ©enne mĂȘlant annĂ©es 1970, mĂ©moire familiale et esprit gothique. đ§” Innovation â Le jersey fait son entrĂ©e dans le tailoring et les silhouettes de soirĂ©e. đ¶ïž Collaborations â Carrera signe les lunettes tandis que Diadora revisite son hĂ©ritage sportswear. âš Ă retenir â Magliano confirme une vision du luxe masculin fondĂ©e sur lâĂ©motion, lâartisanat et la libertĂ© stylistique. |
Le vestiaire masculin classique est revisité avec ironie, presque détourné de son sérieux habituel. Costumes amples aux épaules tombantes, vestes à carreaux qui semblent avoir été empruntées au pÚre, pulls fleuris dans des tons prune et chocolat : la garde-robe paternelle traverse les décennies sans perdre de sa désinvolture.
Le nĆud reste la signature de la maison. Dâanciens clous dâatelier deviennent des croix par soudure Ă lâargent, transformant de petites piĂšces de quincaillerie en talismans techniques, Ă mi-chemin entre artisanat et relique. Les rĂ©fĂ©rences paĂŻennes, gothiques et mĂ©diterranĂ©ennes se mĂȘlent dans ce geste de rĂ©cupĂ©ration.
Suivez toute lâactualitĂ© dâEssential Homme sur Google ActualitĂ©s, sur notre chaĂźne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boĂźte mail avec Feeder.
Les foulards et les mouchoirs, eux, occupent une place centrale.
Ces objets minuscules, presque nĂ©gligeables, gagnent en volume une fois glissĂ©s dans une ceinture, un col ou un bustier. Magliano transforme lâaccessoire le plus banal de la garde-robe masculine en piĂšce maĂźtresse.
CĂŽtĂ© matiĂšres, la maison sâaventure sur un terrain peu familier. Le jersey fait une entrĂ©e remarquĂ©e, façonnĂ© en pantalons et en piĂšces de soirĂ©e pour allĂ©ger une silhouette qui reste pourtant fidĂšle Ă lâĂ©lĂ©gance particuliĂšre de la marque. Les tailleurs gagnent en souplesse sans perdre en caractĂšre.

Les collaborations confirment cette saison solaire et un brin canaille. Carrera signe une sĂ©rie de lunettes Ă lâesprit seventies, tandis que Diadora habille les modĂšles de survĂȘtements patinĂ©s et de sneakers Equipe, un modĂšle culte du sportswear italien. Le mariage du sportif et du prĂ©cieux fonctionne sans accroc.
InterrogĂ© sur sa trajectoire, Luca Magliano ne parle pas de croissance, mais de resserrement. Huit ans aprĂšs avoir fondĂ© sa maison Ă Bologne, il prĂ©fĂšre consolider ce qui fonctionne plutĂŽt que de multiplier les rĂ©fĂ©rences. Une raretĂ© dans un secteur obsĂ©dĂ© par lâexpansion permanente.
Le rĂ©sultat ? Une collection qui ne cherche jamais Ă plaire Ă tout le monde et qui sâen porte dâautant mieux.











