Le 27 juin dernier, dans les jardins de l’hôtel de Rohan, Maison Kitsuné a présenté sa troisième collection, Urban Glide, signée par sa directrice artistique. Ce jour-là, Paris étouffait sous une chaleur inhabituelle pour un mois de juin. Le décor était parfait. Cette collection printemps 2027 aborde en effet le thème de la manière dont un homme traverse une ville qui se réchauffe sans renoncer à son allure.

Pendant que les invités de la Fashion Week cherchaient de l’ombre et buvaient de l’eau en discutant de la météo, peu évoquaient réellement le dérèglement climatique. Il aura fallu attendre ce défilé pour que le sujet s’impose sur un podium masculin. Pas de discours. Juste des vêtements conçus pour un climat qui ne reviendra pas en arrière.
Trois idées structurent le vestiaire : la protection, l’eau et l’évasion. Rien d’abstrait là-dedans. Chaque pièce répond à une question concrète : comment rester couvert sans étouffer, comment absorber la lumière sans en pâtir, comment passer du bitume à la mer dans la même tenue.
| 📌 Repères clés |
|---|
| 🌡️ Collection — Urban Glide imagine le vestiaire masculin du printemps 2027 face aux nouvelles réalités climatiques. 🧥 Innovation — Blouson et Triangle Tote thermoréactifs, matières respirantes et doublures rafraîchissantes. 🇯🇵 Inspiration — Tokyo nourrit toute la réflexion sur la protection, le mouvement et l’adaptation à la chaleur. 🤝 Collaborations — Snow Peak apporte son savoir-faire technique tandis qu’En Iwamura revisite le renard emblématique. ✨ Vision — Maison Kitsuné confirme une évolution stylistique plus mature sous la direction d’Abigail Smiley-Smith. |

La créatrice Abigail Smiley-Smith a conçu sa collection à partir d’échanges avec Gildas Loaëc, cofondateur de la marque et installé à Tokyo, sur la manière dont la capitale japonaise a déjà pris acte d’une chaleur devenue extrême. Elle s’est notamment intéressée aux tenues techniques des ouvriers du bâtiment de la capitale japonaise. Des superpositions fines, conçues pour se protéger du soleil tout en laissant l’air circuler. Un vêtement de travail transposé en pièce de ville.
De cette observation sont nées des matières techniques légères et des constructions respirantes. Les volumes s’élargissent sans alourdir. On enveloppe le corps plutôt que de le comprimer. Les références plastiques choisies pour nourrir ce travail, celles de Christo et de Do Ho Suh, ont l’avantage d’interroger justement les frontières entre le vêtement, l’architecture et l’espace personnel.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
L’un des modèles phares de la collection est ce coupe-vent thermoréactif présenté en noir sur le podium. Il avait pourtant viré au vert cinq minutes plus tôt, avant de quitter l’atmosphère climatisée des coulisses pour affronter la chaleur extérieure. L’idée est séduisante par son évidence : un vêtement qui réagit à son environnement plutôt que de l’ignorer.
À ses côtés, on trouve des doublures rafraîchissantes, des mailles aérées et un Triangle Tote thermoréactif. Rien de gadget là-dedans. Chaque pièce technique reste portable au quotidien, loin des silhouettes de laboratoire.
La palette de couleurs suit cette même logique. Bleus lumineux, gris minéraux, sable délavé par le soleil. Des dégradés et des effets blanchis marquent la trace du temps qui passe sur le tissu.

Deux partenariats donnent vie à cette collection. La marque japonaise Snow Peak, fondée en 1958 et réputée pour son savoir-faire outdoor, signe une capsule qui transpose l’innovation de plein air dans un vestiaire urbain. LONO propose des chaussures s’inspirant de la marche pieds nus, prolongeant ainsi la réflexion sur le mouvement du corps.
L’artiste japonais En Iwamura réinterprète quant à lui le renard emblématique de la maison. Son motif orne le prêt-à-porter et les accessoires, tandis que ses sculptures monumentales occupaient les jardins de l’hôtel de Rohan lors de la présentation.
Depuis qu’elle a pris la direction créative de la maison il y a un an, Abigail Smiley-Smith a progressivement affirmé l’identité de la marque à travers des matières plus solides et un langage visuel plus cohérent. Avec Urban Glide, on a l’impression que ce travail patient trouve enfin sa forme. Une collection qui tient debout, portée par une conviction claire plutôt que par un effet de style.
Le lien historique entre Paris et Tokyo, fondement de la maison depuis 2002, imprègne toute la démarche. On y retrouve également un clin d’œil à Desa Kitsuné, la destination lifestyle de la marque à Bali, dont le rythme insulaire imprègne certaines pièces d’évasion.


















