Swatch frappe fort à quelques jours du 21 juillet. La MoonSwatch MISSION TO THE MOON 1969, limitée à 1 969 exemplaires, ravive l’un des plus grands exploits du XXe siècle avec un cadran taillé dans de l’or recyclé provenant d’anciennes Speedmaster.

Le premier pas de Neil Armstrong sur la mer de la Tranquillité, le 21 juillet 1969, fait partie de ces instants que le temps ne parvient pas à effacer. Swatch et OMEGA ont choisi cette date pour lancer une pièce unique, qui ne ressemble à aucune autre MoonSwatch parue depuis 2022. Le cadran, les aiguilles, la couronne et les poussoirs sont fabriqués en Moonshine™ Gold 18 carats, un alliage propriétaire d’OMEGA né de la fonte de pièces détachées Speedmaster récupérées dans les ateliers de la marque. Onze grammes d’or composent cette parure dorée, un chiffre qui n’est pas anodin puisqu’il fait directement référence au numéro de la mission Apollo 11.
Le boîtier en biocéramique noire mate, familier des amateurs de la collection, mesure 42 mm de diamètre pour 13,25 mm d’épaisseur. La lunette tachymétrique dorée, le cadran satiné vertical et les index biseautés recouverts d’un vernis noir rappellent la Speedmaster en or lancée par OMEGA en 1969 pour célébrer le succès du programme lunaire. Le couvercle de pile orné d’une lune dorée au dos porte la date de l’alunissage ainsi qu’une empreinte de pas, rappel discret du site d’atterrissage. Chaque exemplaire est également numéroté individuellement et la numérotation est gravée à 9 heures sur le flanc du boîtier.
| 📌 Repères clés |
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| 🌕 Édition limitée à 1 969 exemplaires, en référence à l’année du premier pas sur la Lune. 🥇 Onze grammes de Moonshine Gold 18 carats habillent le cadran, les aiguilles, la couronne et les poussoirs. ⌚ Boîtier en biocéramique noire de 42 mm, associé à un chronographe à quartz. 💰 Prix annoncé de 500 CHF, établi à partir de la valeur historique de l’or en 1969. 🚀 Achat accessible par tirage au sort ESTA, avec inscription en ligne jusqu’au 21 juillet. |

Voilà l’idée qui frappe le plus dans cette sortie. Swatch a en effet choisi de fixer le prix de la montre non pas sur le cours actuel de l’or, mais sur celui de 1969. À l’époque, onze grammes d’or 18 carats valaient environ 11 dollars, soit près de 48 francs suisses au taux de change alors en vigueur. Ramené à aujourd’hui, ce calcul donne un prix de vente de 500 CHF, soit environ 570 dollars ou 520 livres selon les marchés.
Le contraste est saisissant. Au cours actuel de l’or, soit environ 4 000 dollars l’once, les onze grammes de métal précieux contenus dans la montre représenteraient à eux seuls plus de 1 000 dollars, soit près du double du prix de vente affiché. Autrement dit, Swatch vend cette pièce à perte, en se basant uniquement sur la valeur de l’or qu’elle contient, un choix qui relève autant du coup marketing que de l’hommage sincère.

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Il est impossible d’acheter cette édition en boutique sans autorisation préalable. Les candidats doivent remplir une ESTA (Electronic Swatch Timepiece Application), un formulaire de 32 questions volontairement calqué sur celui exigé des voyageurs se rendant aux États-Unis. Seules 1 969 personnes recevront l’autorisation nécessaire pour acheter la montre, un chiffre qui correspond naturellement au nombre d’exemplaires produits.

La procédure se déroule entièrement en ligne, sur le site swatch.com, entre le 16 juillet à 15 h 32, heure de Paris, et le 21 juillet à 23 h 59, heure de Paris. Les heureux élus recevront ensuite les instructions pour finaliser leur achat et retirer la montre dans une boutique Swatch. Ce système de tirage au sort, déjà éprouvé pour d’autres modèles très demandés, ajoute une dimension de rareté à une pièce qui n’en manquait déjà pas.
Les connaisseurs remarqueront sans peine les références historiques disséminées sur cette montre. En 1969, soit quatre mois après le retour triomphal des astronautes d’Apollo 11, OMEGA avait offert une Speedmaster en or 18 carats à lunette bordeaux à quelques privilégiés, dont Richard Nixon et les membres de la mission. En 2019, soit cinquante ans plus tard, la marque avait ressuscité ce modèle sous la référence BA145.022, limitée à 1 014 exemplaires. La MoonSwatch MISSION TO THE MOON 1969 perpétue cette tradition en démocratisant l’esprit de ces pièces rarissimes, sans en reproduire le coût.

Le bracelet en caoutchouc noir, fermé par une bande Velcro®, dévoile une doublure dorée à texture lunaire, tandis que la boucle biocéramique reprend les logos dorés propres à cette édition. Le mouvement reste un chronographe à quartz, fidèle à l’ADN de la collection MoonSwatch. Étanche à 3 bars seulement, cette montre reste avant tout un objet de collection plutôt qu’un outil destiné à la plongée intensive.
Certains y voient une opération commerciale habile, capable de recréer l’effervescence des files d’attente qui avaient marqué le lancement de la première MoonSwatch en 2022. D’autres saluent au contraire un geste presque généreux : une marque qui accepte de perdre de l’argent sur la matière première pour offrir un accès à l’or à un public qui n’aurait jamais pu se le permettre autrement. Entre ces deux lectures, une chose est certaine : la demande dépassera largement l’offre et les 1 969 numéros disponibles seront très convoités dans les cercles horlogers.


Reste à savoir si cette pièce trouvera, dans quelques années, la même place que ses illustres prédécesseurs dans la mémoire des passionnés. L’histoire de la conquête spatiale continue d’inspirer les horlogers suisses, bien après le dernier pas laissé sur la poussière lunaire.



