| Onitsuka Tiger a présenté sa collection printemps 2027 lors de la Fashion Week de Milan, sous la direction artistique d’Andrea Pompilio. La mise en scène reconstituait une station-service industrielle avec deux motos Honda Mid Sports Concept customisées. La collection inclut une capsule capsule Honda (blousons, t-shirts, combinaison technique), des mocassins penny tigrés et une réinterprétation de la silhouette Mexico 66. |
Deux motos customisées pétaradent devant une station-service reconstituée en plein décor industriel milanais : Onitsuka Tiger n’a pas fait dans la demi-mesure pour présenter sa nouvelle collection. C’est ce que la marque a présenté lors de la dernière Fashion Week milanaise sous la houlette du directeur artistique Andrea Pompilio. Le décor plante déjà le ton : une station-service grandeur nature, mi-hommage à David Lynch, mi-clin d’œil à Tarantino, trône au centre d’un lieu industriel. Deux motos customisées y ouvrent le bal, moteur vrombissant, avant que les silhouettes masculines ne prennent le relais.

Car c’est bien là que réside l’intérêt de cette saison pour les hommes qui suivent de près la marque japonaise : Onitsuka Tiger a choisi de raconter une histoire de route, de vitesse et de nonchalance étudiée, sans jamais sacrifier la rigueur de sa construction. Le résultat parle directement aux amateurs de vestiaire fonctionnel qui refusent de céder à la facilité du survêtement pur.
Pompilio a conçu sa collection printemps 2027 autour d’un principe simple : le désordre maîtrisé. Un col qui se redresse tout seul, une bretelle qui glisse, un pan de chemise qui reste hors du pantalon : rien n’est vraiment accidentel, tout est pensé pour donner cette impression de garçon qui n’a pas eu le temps de se regarder dans le miroir avant de sortir. Cette désinvolture se retrouve dans les pantalons de survêtement à bandes latérales, associés à des vestes façon blazer héritées des années soixante. L’idée n’est pas de gommer les codes du sportswear, mais de les faire dialoguer avec des pièces de tailleur plus structurées. Cette tension entre rigueur de coupe et désinvolture assumée distingue précisément Onitsuka Tiger des marques japonaises plus minimalistes, comme Comme des Garçons ou Sacai, qui privilégient davantage la déconstruction que le récit narratif.

Le vent d’ouest américain souffle fort sur cette saison. Les franges, en daim ou dans une version technique, ornent les vestes de motard et les gilets utilitaires, apportant une texture presque western à des pièces autrement très urbaines. Les costumes, coupés dans des tons contrastés ou des teintes terreuses, empruntent au vestiaire cow-boy un col noué ou un imprimé à carreaux. Ce mélange d’héritage américain et de savoir-faire japonais donne à la collection une identité facilement reconnaissable, loin des propositions plus lisses de la concurrence.
Impossible d’évoquer cette collection sans s’attarder sur le partenariat noué avec Honda. Au-delà des deux motos Mid Sports Concept habillées d’une livrée Onitsuka Tiger exclusive, le constructeur automobile a inspiré une ligne de vêtements à part entière. Des blousons de motard déclinés dans des couleurs vives, des t-shirts à manches longues ornés de graphismes empruntés à l’univers de la course ainsi qu’une combinaison retravaillée à partir de tissus techniques puisés dans les archives de Honda composent cette sous-collection capsule. C’est le genre de collaboration qui sort la marque de son seul lectorat mode : un homme qui ne suit ni les podiums ni les sorties de baskets peut se sentir concerné dès lors que Honda entre dans l’équation, et c’est précisément ce qui rend cette capsule plus accessible aux publics périphériques que le reste de la collection.

Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
Cette collaboration illustre une stratégie que Pompilio répète saison après saison : ancrer chaque nouvelle collection dans un dialogue avec un univers extérieur à la mode, qu’il soit automobile, cinématographique ou culturel. Pour les hommes qui suivent la marque, ce type d’alliance donne une raison concrète de renouveler leur garde-robe, au-delà de l’argument esthétique.

On aurait tort d’oublier qu’Onitsuka Tiger reste avant tout une maison de chaussures. La collection printemps 2027 le rappelle avec des mocassins penny ornés des célèbres rayures tigrées sur le côté, en référence directe au patrimoine sportif de la marque. À leurs côtés, des bottines à lacets et à talon, plus expérimentales, viennent élargir le champ des possibles pour un public masculin habitué à des propositions plus classiques.
Ces pièces s’inscrivent dans la continuité de la silhouette Mexico 66, véritable totem de la marque depuis des décennies, mais réinterprétée ici avec une liberté assumée. On y voit la volonté de proposer une chaussure hybride, capable d’accompagner un homme du bureau à la sortie du soir, sans jamais renier son ADN sportif.

Reste à savoir combien de ces pièces passeront réellement le cap du commerce : entre la capsule Honda et les rééditions Mexico 66, la collection annonce plusieurs points d’entrée à des prix vraisemblablement très différents. Les tarifs et les dates de sortie en France n’ont pas encore été communiqués, ce qui est habituel à ce stade du calendrier, mais cela mérite d’être suivi une fois les commandes ouvertes.
Cette collection s’adresse à un homme qui veut du mouvement dans ses vêtements sans sacrifier la précision de la coupe. Les silhouettes mêlant survêtement et tailoring, les franges empruntées au western, la collaboration avec Honda et les rééditions de la Mexico 66 dessinent une proposition solide pour la saison à venir et confirment qu’Onitsuka Tiger a définitivement quitté le simple statut de marque de baskets pour s’imposer comme une maison de vestiaire complète.








