Le 11 juin, le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 sera donné aux États-Unis et l’équipe de France se présentera à ce rendez-vous planétaire en tant que favorite. Les Bleus n’ont jamais été aussi armés. Reste à savoir si tout ce talent se transformera en titre.
La France est classée numéro un au classement FIFA. Elle compte dans ses rangs le vainqueur du Ballon d’Or, Ousmane Dembélé, et le joueur le plus redouté de la planète dans sa surface de vérité, Kylian Mbappé. Ajoutez à cela une défense parmi les meilleures du monde, et vous obtiendrez une sélection qui, sur le papier, n’a pas grand-chose à craindre.
Mbappé face au rendez-vous le plus important de sa carrière
Il ne lui manque plus que deux réalisations pour dépasser le record de Just Fontaine, qui détient depuis 1958 le record du nombre de buts inscrits en Coupe du monde sous le maillot tricolore (13). Il arrive au Mondial nord-américain avec 42 buts en 44 matchs toutes compétitions confondues pour le Real Madrid cette saison. C’est vertigineux. Même en encaissant quelques pépins physiques au fil des mois, le numéro 9 madrilène a dominé les compteurs européens avec une régularité déconcertante.
Lors de la dernière finale de la Coupe du monde, en 2022, il avait inscrit un triplé face à l’Argentine. Un exploit qui restera dans les mémoires, même si les Bleus ont perdu aux tirs au but. Cette fois, il ne veut pas que l’histoire se répète. Un Mbappé en pleine forme, libéré de toute pression physique, fait peur à n’importe quelle défense. Sa seule présence sur le côté gauche ou à la pointe de l’attaque suffit à perturber les plans adverses.
Une génération dorée portée par une richesse offensive unique
La vraie force de cette équipe de France ne réside pas dans un seul homme. C’est l’abondance. Ousmane Dembélé a remporté le Ballon d’Or après avoir mené le Paris Saint-Germain à son premier sacre en Ligue des champions la saison passée, puis à un deuxième titre européen en mai 2026, face à Arsenal. À 29 ans, il n’a jamais été aussi complet.
Désire Doué, âgé de 21 ans au coup d’envoi du tournoi, est l’une des révélations de la décennie au PSG. Michael Olise a quant à lui régné sur le Bayern Munich cette saison et a participé à l’élimination du Real Madrid en quarts de finale de la Ligue des champions. Bradley Barcola, Marcus Thuram, Rayan Cherki (maintenant à Manchester City) et Jean-Philippe Mateta complètent une attaque que peu d’équipes peuvent se vanter d’avoir.
L’absence de Hugo Ekitike, forfait sur blessure, aurait pu fragiliser l’effectif dans d’autres circonstances. Cette fois-ci, on n’a même pas remarqué son absence dans les discussions de couloir à Clairefontaine.
Le socle défensif qui nourrit les ambitions mondiales
On dit souvent que les Coupes du monde se gagnent par derrière. William Saliba, le roc défensif d’Arsenal, forme avec Dayot Upamecano un duo central difficile à déborder. Jules Koundé apporte une grande fiabilité au poste d’arrière droit, tandis que Théo Hernandez et Lucas Digne se disputent le flanc gauche avec des arguments solides.
Derrière eux, Mike Maignan, l’un des deux ou trois meilleurs gardiens du monde, impose sa sérénité. Deschamps a également surpris son monde en appelant Robin Risser, le gardien de Lens, deuxième de Ligue 1 et vainqueur de la Coupe de France. Un choix audacieux qui témoigne de la volonté du sélectionneur de récompenser les performances, quelle que soit la notoriété du joueur.
Un premier obstacle plus complexe qu’il n’y paraît
L’équipe de France est engagée dans le groupe I, avec le Sénégal, l’Irak et la Norvège. Trois adversaires aux profils très différents, mais aucun à prendre à la légère.
Le premier match, le 16 juin à New York contre le Sénégal, sera potentiellement le plus délicat des trois. Les Lions de la Teranga, quatorzièmes au classement FIFA, sont une équipe bien organisée et physiquement imposante, emmenée par leur capitaine Sadio Mané, l’ancien attaquant de Liverpool. Les Bleus gardent par ailleurs un souvenir cuisant de leur défaite face au Sénégal lors du premier match de la Coupe du monde 2002, quand les champions du monde en titre avaient été éliminés dès la phase de poules.
Le 22 juin, à Philadelphie, l’Irak se dressera sur la route des Bleus. Les Irakiens, 57e au classement mondial, ont décroché leur ticket via les barrages intercontinentaux et sont, sur le papier, l’adversaire le plus abordable du groupe. Mais le football a cela de particulier qu’il ne se joue pas sur le papier.
La Norvège, le 26 juin à Boston, sera sans doute le test le plus sérieux de la phase de poules. Erling Haaland et ses coéquipiers ont réalisé un parcours de qualification sans faute, avec huit victoires en huit matchs, dont deux larges succès contre l’Italie. Le 31e mondial sous-estime clairement la réalité de cette équipe scandinave.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
Le dernier défi d’un sélectionneur déjà entré dans l’histoire
En début d’année 2025, Didier Deschamps a annoncé qu’il quitterait son poste à l’issue de la Coupe du monde 2026. « J’ai fait mon temps », a-t-il déclaré sans détour sur TF1. Quatorze ans à la tête des Bleus, un titre mondial en 2018, une finale de Coupe du monde en 2022 et une finale d’Euro en 2016 : son palmarès parle pour lui.
Pourtant, les critiques n’ont jamais vraiment cessé. On lui reproche depuis des années un football trop prudent et trop pragmatique, qui n’exploiterait pas pleinement le potentiel offensif de l’équipe. Il répond qu’il préfère les résultats aux applaudissements et que ceux qui n’aiment pas son football peuvent « changer de chaîne ». Le ton est donné.
Ce Mondial 2026 sera son baroud d’honneur. Ce sera sa dernière occasion de faire taire les sceptiques et de rejoindre le cercle très restreint des entraîneurs ayant remporté deux fois la Coupe du monde. Pour y parvenir, il a pris quelques décisions qui ont fait parler : l’éviction d’Eduardo Camavinga, auteur d’une saison décevante au Real Madrid, en est le symbole le plus fort. « C’est une immense déception pour lui, je l’imagine, mais il a connu une saison difficile marquée par les blessures », a commenté Deschamps.
Le moment où les Bleus doivent transformer le potentiel en héritage
L’équipe de France a remporté la Coupe du monde à deux reprises : en 1998 à domicile, avec Zidane en chef d’orchestre, puis en 2018 en Russie, sous la direction de Deschamps, qui brandissait le trophée depuis le banc cette fois-là. Avec seize participations au total et quatre finales lors des sept dernières éditions, les Bleus savent ce que c’est que d’aller chercher un titre.
Cette génération, peut-être la plus richement dotée depuis celle de Zidane, Thuram et Vieira, n’a plus aucune excuse. L’effectif est là. Le sélectionneur connaît son métier. Mbappé est au sommet de sa forme. Il ne leur reste plus qu’à transformer tout cela en or sur les pelouses américaines, canadiennes et mexicaines, du 11 juin au 19 juillet 2026.
La composition de l’équipe de France à la Coupe du monde 2026
Gardiens : Mike Maignan (AC Milan), Robin Risser (Racing Lens), Brice Samba (Stade Rennais).
Défenseurs : Lucas Digne (Aston Villa), Malo Gusto (Chelsea), Lucas Hernandez (PSG), Theo Hernandez (Al Hilal), Ibrahima Konate (Liverpool), Jules Koundé (Barcelone), Maxence Lacroix (Crystal Palace), William Saliba (Arsenal), Dayot Upamecano (Bayern Munich).
Milieux de terrain : N’Golo Kanté (Fenerbahçe), Manu Koné (AS Rome), Adrien Rabiot (AC Milan), Aurélien Tchouaméni (Real Madrid), Warren Zaïre-Emery (PSG).
Attaquants : Maghnes Akliouche (Monaco), Bradley Barcola (PSG), Rayan Cherki (Manchester City), Ousmane Dembélé (PSG), Désiré Doué (PSG), Jean-Philippe Mateta (Crystal Palace), Kylian Mbappé (Real Madrid), Michael Olise (Bayern Munich), Marcus Thuram (Inter Milan).



