Place des Victoires, vendredi dernier. C’est dans les locaux mêmes de la maison qu’Isabel Marant a dévoilé sa collection homme printemps 2027, première signature complète de Kim Bekker à la tête du studio. Une présentation resserrée, sans estrade ni grand raout. Et pourtant, l’événement comptait.

Car cette collection n’est pas tout à fait comme les autres. Kim Bekker, qui dirigeait jusqu’ici le studio aux côtés d’Isabel Marant, supervise désormais seule les collections homme et femme. La collection printemps-été 2027 est la première signée par Kim Bekker. Un passage de témoin discret. Personne n’a rien forcé.
On y retrouve cette aisance un peu hâlée, ces accessoires qui sentent bon le voyage et ce refus du sur-mesure trop strict. Bekker n’a pas cherché à tout réinventer. Elle a préféré affiner. Les chemises à carreaux sont de retour, déclinées dans des tissus japonais légers ou en coton plus épais marqué par l’usure et le délavage. Les vestes en jean conservent leurs perles et leurs imprimés géométriques, restant ainsi fidèles à l’esprit tribal qui a toujours guidé la ligne homme de la maison.
| 📌 Repères clés |
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| 📍 Première collection homme entièrement signée par Kim Bekker. 👔 Le vestiaire conserve l’ADN bohème d’Isabel Marant tout en intégrant une influence sportive plus affirmée. 🧵 Tissus japonais, denim travaillé, tailoring décontracté composent les silhouettes du printemps 2027. 📸 Brett Lloyd signe une campagne mettant en scène cinq personnalités issues de différents univers créatifs. 🏪 La collection arrivera début 2027 dans les 85 boutiques de la maison. |
Cette saison, une touche plus sportive s’invite, portée notamment par le chanteur Hervé, l’un des visages récurrents de la marque. Les bas sont plus ajustés, les denims plus travaillés et des sweats color block injectent une énergie nouvelle dans des silhouettes jusqu’ici plus décontractées. Le choix de matières estivales et l’introduction de pièces de tailoring décontractées en matières premium achèvent de dessiner une transition subtile entre deux mondes.

Bekker continue de préférer les visages habités aux silhouettes anonymes. Pour cette saison, la marque s’est associée au styliste Imruh Asha et au photographe britannique Brett Lloyd, fidèle de la maison, qui a immortalisé le créateur français Bachir Mbaye, l’artiste italien Tito Rapetti, le mannequin suisse Jesse Rinderknecht et l’artiste portugais Nuno Marques dans des univers intimes et arty. Un quintette qui ne ressemble à aucun book de saison. Cinq hommes, cinq trajectoires. La collection sera distribuée dans le réseau de quatre-vingt-cinq boutiques de la marque dès le début de l’année 2027.
Il faut dire que Kim Bekker connaît la maison de l’intérieur depuis longtemps. Diplômée de l’Académie d’art et de design d’Arnhem, elle a d’abord façonné l’esthétique de la marque Marant entre 2008 et 2018, puis a fait un détour par Saint Laurent avant de revenir en 2021 au poste de directrice de la création. Sa prise de parole en solo, à l’issue d’un précédent défilé, avait déjà laissé entendre ce que la presse spécialisée pressentait depuis plusieurs saisons.
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L’homme nomade Marant n’a pas changé de famille. Il continue de superposer les pièces glanées au fil de ses voyages, de mélanger les origines et de porter ses bijoux comme on porte une mémoire. Simplement, le geste s’est affiné et la main qui le dessine a changé de nom.
Les vestes en cuir et les bottes en suède referont sans doute leur apparition d’ici quelques mois, quand la chaleur sera retombée. En attendant, cette collection trace une ligne claire entre l’héritage de la maison et son avenir proche. Une ligne tenue, sans esbroufe, qui mérite qu’on s’y attarde.




















