Philipp Plein signe un printemps 2027 plus maîtrisé, sans renoncer à son goût du spectaculaire

Le costume avance au premier plan tandis que les cristaux attendent leur moment pour reprendre la lumière.

Par
Duc Tran
Duc TRAN
Éditeur en chef
Après s'être formé en langues (anglais et vietnamien) et en économie internationale, Duc TRAN pivote vers le journalisme, porté par sa passion pour l'écriture. C'est une...
6 Minutes de lecture

Philipp Plein. Printemps 2027. Deux mots qui suffisent à polariser les opinions dans le milieu. D’un côté, les puristes grimacent. De l’autre, les aficionados qui attendent avec impatience le prochain coup d’éclat de ce Hambourgeois devenu patron d’un empire du luxe maximaliste. Le défilé du samedi soir a une fois de plus tranché le débat en rendant le verdict incontestable : Philipp Plein sait ce qu’il veut et le fait savoir.

Philipp Plein signe un printemps 2027 plus maîtrisé, sans renoncer à son goût du spectaculaire
© Photo : Philipp Plein

Ce qui frappe d’emblée, c’est le parti pris formel. Pour la saison printemps 2027, Plein a choisi de présenter une collection exclusivement masculine, rompant ainsi avec les années de défilés mixtes. Un choix délibéré, assumé backstage avec cette phrase lapidaire : « Very clean for Plein. » Traduction libre : la maison se concentre, affûte son propos et revient au costume. Pour marquer le coup, Plein annonce fièrement sa première veste croisée. Ce n’est pas rien. Pour une marque bâtie sur le cuir clouté, le denim brodé et les crânes ornés de cristaux, introduire un vêtement aussi fondamentalement classique relève d’une forme de conversion.

Philipp Plein signe un printemps 2027 plus maîtrisé, sans renoncer à son goût du spectaculaire
© Photo : Philipp Plein

L’inspiration, le créateur l’a puisée dans la figure du voyageur cosmopolite. Celui qui passe d’une capitale à l’autre avec une valise parfaitement structurée et un sens infaillible de son propre style. La première partie du défilé présente des costumes aux couleurs lumineuses : beige sableux, lilas délicat, azure pâle. Des pantalons longs ou des bermudas les accompagnent, portés avec des T-shirts contrastés et des cardigans ornés du logo ou du monogramme de la maison. Des sweats à capuche et des pantalons larges en cachemire d’une légèreté remarquable complètent ces silhouettes, associés à des vestes et des blousons en cuir. Certains looks affichent des imprimés graphiques : des dobermans aux dents serties de cristaux ou des scènes de guerre antiques, qui sont les premiers clins d’œil à l’univers rock caractéristique de la maison.

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© Photo : Philipp Plein

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Puis vient la seconde partie, beaucoup plus sonore. On y trouve du denim large brodé de cristaux, des vestes en cuir à effet crocodile et des blazers noirs ornés du logo Plein en strass intégral dans le dos. Le contraste est saisissant avec la sobriété de la première partie, et c’est précisément là que réside l’intelligence du défilé : cette alternance entre retenue et excès, entre la ligne épurée d’un costume Prince de Galles usé et la décoration tatouée d’un smoking, entre une chemise à carreaux rouge et noir couverte de cristaux scintillants et un ensemble en denim dont l’ornementation exige plusieurs jours de travail manuel. Comme le souligne le Washington Times dans son bilan de la Fashion Week milanaise, Plein fait partie de ces créateurs qui ont choisi sans vergogne le bling plutôt que la retenue.

Philipp Plein signe un printemps 2027 plus maîtrisé, sans renoncer à son goût du spectaculaire
© Photo : Philipp Plein

Le streetwear, ADN de la maison, n’est pas en reste. Un look total denim indigo au monogramme couvrant, avec un jean à jambe large et une veste de style varsity portée sur un sweat à capuche, rappelle que Philipp Plein n’a jamais tourné le dos à la culture urbaine qui l’a rendu célèbre. Les accessoires jouent pleinement leur rôle : baskets blanches rehaussées de touches bleues et oranges, sacs en cuir noir déclinés en différentes tailles et sacs à dos. La ligne de lunettes, développée en partenariat avec le fabricant italien De Rigo, confirme son importance croissante dans la stratégie de la marque. Avec ses verres colorés pour les lunettes de soleil et ses montures géométriques pour l’optique, la catégorie s’impose désormais comme un pilier à part entière du vestiaire de la marque.

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© Photo : Philipp Plein

La finale du défilé a reçu le traitement habituel de la maison : musique à fort volume, atmosphère de fête. Philipp Plein est apparu pour saluer le public aux côtés de Mohamed Ramadan, acteur et chanteur égyptien dont le titre Mafia a conclu le défilé. Une collaboration qui en dit long sur la stratégie de la marque : toucher un public international, séduire des marchés en expansion et afficher une vision du luxe sans frontières géographiques ni culturelles.

Philipp Plein signe un printemps 2027 plus maîtrisé, sans renoncer à son goût du spectaculaire
© Photo : Philipp Plein
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© Photo : Philipp Plein
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© Photo : Philipp Plein
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© Photo : Philipp Plein
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© Photo : Philipp Plein
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© Photo : Philipp Plein
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