| Portofino Dry Gin Winter Nights est une édition limitée commercialisée depuis le 19 octobre 2026 au prix de 51 € les 50 cl. Le gin titre 43 % d’alcool et conserve la recette originale aux 21 plantes aromatiques. Les bouteilles numérotées adoptent un décor bleu nuit et argenté. L’édition est distribuée par La Maison du Whisky. |
Tout le monde ou presque connaît Portofino l’été. Les yachts garés en double file, les lunettes de soleil à quatre chiffres, la piazzetta transformée en salle d’attente pour photos… L’hiver, c’est une autre histoire. Le village se vide, souffle et récupère ses clés. C’est à ce moment précis que Portofino Dry Gin a choisi de sortir son édition limitée Winter Nights, en vente depuis ce lundi 19 octobre au prix de 51 euros. Un gin pour la saison morte, donc. L’idée prêtait à sourire. Elle tient plutôt bien la route.

Commençons par l’objet, puisque c’est lui qui vous attrapera en rayon. La maison conserve son flacon carré, dont la forme massive rappelle les contenants de parfum élégants des années 1930. Le turquoise habituel, celui de la mer en août, s’efface derrière un bleu nuit profond. Une sérigraphie argentée pique le verre d’étoiles. Sur l’étiquette, une dorure à chaud redonne vie aux façades du port. Au dos, une petite phrase sur la lune qui embrasse la mer. On vous prie de ne pas ricaner.
Les bouteilles sont numérotées. Cadeau, collection, étagère du salon : on devine assez bien où elles finiront.
Derrière l’étiquette, il y a une famille. Le gin a été lancé en 2019 (à vérifier) en hommage à Klaus Pudel qui, selon le récit familial, a contribué à préserver le village de la destruction pendant la Seconde Guerre mondiale. L’homme ne s’est pas arrêté là . Durant les années 1950 et 1960, il organisait certaines des réceptions les plus courues de l’époque Dolce Vita. Son petit-fils, Ruggero Raymo, a cofondé la marque. Le flambeau est ainsi passé du salon au verre. Et la Dolce Vita a trouvé son relais contemporain : le chanteur Jack Savoretti, qui a passé ses étés d’enfance à Portofino, est entré au capital de la marque en 2021.

La recette, elle, ne bouge pas. Vingt et une plantes, dont une partie pousse sur les hauteurs du port. Citrons, lavande, romarin, marjolaine, sauge, iris et rose sont cultivés biologiquement dans ce que la marque appelle son « sanctuaire botanique », sur les collines de Portofino, puis complétés par des plantes cueillies alentour. C’est d’ailleurs ce qui distingue Winter Nights de La Penisola, la précédente édition limitée de la maison, qui proposait une recette différente autour du pin maritime. Ici, l’édition est un vêtement, pas un nouveau liquide.
La fabrication, enfin. Le gin est produit par l’Antica Distilleria Quaglia, une maison ancienne réputée pour ses vermouths et ses amers. Les plantes aromatiques y macèrent sept jours dans un alcool de blé, sont distillées séparément en alambic de cuivre ou en Rotavapor, puis assemblées. Le Rotavapor permet la distillation sous vide. Elle travaille à basse température et ménage les aromates fragiles.
La lavande ne s’en plaint pas.
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Rien de neuf à l’intérieur, et c’est tant mieux. Le nez part sur la lavande sauvage et le zeste de citron, net et sans esbroufe. En bouche, l’attaque est vive et franchement acidulée. Puis le cœur s’arrondit sur des fleurs et des herbes du maquis ligure. La finale s’attarde longtemps sur la sauge et les fleurs séchées, avec une pointe presque poussiéreuse, comme celle d’un herbier qu’on rouvre.
Un gin sec, droit, qui sent la colline plus que la plage. Il n’a pas volé ses médailles : en 2020, il a notamment remporté la Master Medal du concours Gin Masters, organisé à l’aveugle.
Un gin d’été sous un manteau d’hiver ? C’est la vraie question. Un gin au citron et à la lavande en plein mois de décembre, est-ce cohérent ? Oui, à condition de délaisser un peu le tonic glacé. Pensez plutôt au Negroni, au coin du feu. La marque le propose en parts égales avec un bitter Select et un vermouth rouge, sur glace, avec une tranche d’orange. L’amertume réchauffe et les herbes répondent.

Autre piste, plus austère. Le Portofino Bay Martini, qui marie le gin à un vermouth et à une pointe d’eau salée. Un clin d’œil au port, version janvier.
Les puristes le boiront tel quel, à peine rafraîchi. Il supporte très bien l’exercice.
Le flacon de 50 cl titre 43 % vol. À 51 euros, il coûte quelques euros de plus que la version classique, qui se trouve autour de 45 euros chez les cavistes. L’édition limitée Winter Nights est disponible depuis le 19 octobre 2026 dans les boutiques La Maison du Whisky et sur whisky.fr.
Le tirage n’est pas extensible. Les fêtes, si.
Portofino hors saison, c’est finalement le village sans les figurants. Ce flacon en garde la lumière. Le reste se boit.



