VETEMENTS a choisi un passage souterrain du quartier de Grenelle pour prĂ©senter sa collection printemps 2027, et le choix du dĂ©cor en disait dĂ©jĂ long sur ses intentions. Pas de moquette rouge, pas de jardin Ă la française. Juste du bitume, des nĂ©ons froids et lâĂ©cho sourd des pas sur le sol. Guram Gvasalia signait lĂ son grand retour au calendrier officiel masculin aprĂšs des annĂ©es Ă snober les rituels saisonniers classiques.
Le vendredi 26 juin, en fin de journée, la maison a fait du VETEMENTS pur jus.

Le crĂ©ateur gĂ©orgien, qui a repris seul les rĂȘnes de la marque en 2021 aprĂšs lâavoir fondĂ©e avec son frĂšre, Demna, en 2014, nâa jamais cachĂ© son goĂ»t pour la provocation maĂźtrisĂ©e. Cette saison ne fait pas exception. Trenchs, blousons de motard, chemises rayĂ©es : les piĂšces les plus emblĂ©matiques du vestiaire masculin sont de retour, mais chacune porte une cicatrice, un dĂ©tail qui perturbe lâordre Ă©tabli. Un perfecto se couvre soudain de broderies florales. Un impermĂ©able sâouvre sur une doublure en mesh technique dĂ©voilant ce qui devrait rester cachĂ©.
Dans un texte de prĂ©sentation Ă©voquant des souvenirs dâenfance, des traumatismes de guerre, des dĂ©sirs enfouis et une imagination tordue, Gvasalia parle de son travail. Cette formule surprend par sa franchise.
| đ RepĂšres clĂ©s |
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| đ€ VETEMENTS revient au calendrier officiel homme avec sa collection printemps 2027. đ Le dĂ©filĂ© prend place dans un tunnel parisien, loin des codes traditionnels du luxe. đ§” Lâartisanat devient le cĆur du discours crĂ©atif face Ă la montĂ©e de lâintelligence artificielle. đ Sharon Stone clĂŽture le show dans une silhouette gothique spectaculaire. âš La collection ouvre une nouvelle Ă©volution stylistique entre tailoring, androgynie et savoir-faire. |

Dans un contexte oĂč lâintelligence artificielle gĂ©nĂ©rative est omniprĂ©sente, le crĂ©ateur a tenu Ă prĂ©ciser en coulisses que sa collection se voulait, selon ses mots, Ă rebours de cette tendance. Selon lui, seule la main humaine garantit la qualitĂ©. Cette affirmation se vĂ©rifie dans les piĂšces les plus exigeantes du dĂ©filĂ© : une veste en denim peinte Ă la main, une chemise en soie aux coutures roulĂ©es et un blouson de motard assemblĂ© Ă partir de dix-neuf piĂšces de patron distinctes. Le travail artisanal nâest pas un argument marketing ici. Il se lit dans la construction mĂȘme des vĂȘtements.
Noir, crĂšme, kaki. Puis, par Ă©clats, lâorange haute visibilitĂ© et le jaune sĂ©curitĂ© viennent fissurer cette retenue chromatique, comme un signal dâalarme glissĂ© dans un vestiaire par ailleurs disciplinĂ©.
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Le final a fait basculer le registre. Une sĂ©rie de silhouettes du soir, avec des robes fluides en soie portĂ©es par des hommes et un tailoring flirtant avec lâandrogynie, a ouvert une nouvelle direction pour la maison. Le dernier look, un manteau en laine noire dâune prĂ©cision presque chirurgicale, rĂ©sume Ă lui seul des annĂ©es de savoir-faire.
Puis Sharon Stone est apparue.
Lâactrice amĂ©ricaine de 68 ans, les cheveux volontairement dĂ©faits et le maquillage punk qui coule, a clĂŽturĂ© le dĂ©filĂ© en prĂȘtresse gothique. Blazer blanc aux Ă©paules massives, chemise noire dĂ©construite, cravate blanche retournĂ©e frappĂ©e du logo de la marque, le tout portĂ© sur des cuissardes en cuir verni noir dâune tension presque fĂ©tichiste. La rĂ©fĂ©rence Ă son propre passĂ© cinĂ©matographique, dĂ©jĂ Ă©voquĂ©e par Demna lors de son premier dĂ©filĂ© chez Gucci, semble ici assumĂ©e jusquâau clin dâĆil.

Le premier rang, lui, ressemblait Ă un casting choral. Maluma, North West, le basketteur Jordan Clarkson, tout juste sacrĂ© champion NBA avec les Knicks, ainsi que les acteurs thaĂŻlandais TeeTee, Wanpichit, Nimitparkpoom et Por, Suppakarn, Jirachotikul, ont fait grimper les dĂ©cibels Ă leur arrivĂ©e. VETEMENTS reste, sur ce terrain prĂ©cis, dâune efficacitĂ© redoutable.
Reste la question du vĂȘtement lui-mĂȘme, loin du strass. Les hommes portaient des chaussures lourdes et des baskets ASICS revisitĂ©es Ă pointes, tandis que les silhouettes fĂ©minines progressaient sur des escarpins satinĂ©s ou des mules Ă talons. Une interprĂ©tation extrĂȘme, presque douloureuse, du concept dâanti-luxe cher Ă la maison.























