HED MAYNER revient à Paris après un passage remarqué à Pitti Uomo. Pour sa collection printemps 2027, le créateur a choisi la sobriété comme fil conducteur, débarrassant la silhouette de tout superflu.
Le créateur parle d’un vestiaire « nettoyé ». Simplifié. Presque nu dans son intention.

Mais cette simplicité apparente cache une exigence de matière. Les pièces, épurées en apparence, révèlent une richesse inattendue au toucher : laines fraîches aux reflets mats et brillants, coton enduit de craie, cuir végétal, lin plissé. Une tension permanente entre le brut et le précieux traverse la collection, entre la texture du sol et une forme de légèreté presque immatérielle.
Cette saison s’inscrit dans un climat parisien particulièrement dense. La Fédération de la haute couture et de la mode a annoncé un calendrier chargé, avec le retour très attendu de Celine et de Saint Laurent, aux côtés du créateur israélien installé en France qui accompagne ces deux maisons dans leur réintégration de l’agenda officiel.
Chez HED MAYNER, l’allure se veut spontanée. Presque désordonnée.
| 📌 Repères clés |
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| 📍 Saison — HED MAYNER présente sa collection printemps 2027 à Paris. 🧵 Signature — Une silhouette volontairement épurée construite autour de matières nobles et tactiles. 👞 Collaborations — Les chaussures Aro et Sturlini prolongent la recherche de confort et d’élégance instinctive. 🌾 Matières — Lin, jute, cuir végétal, coton enduit et laines fraîches structurent toute la collection. 🏛️ À retenir — HED MAYNER confirme son statut parmi les créateurs majeurs du vestiaire masculin contemporain. |

Le créateur revendique une attitude dans laquelle on pioche dans son armoire sans trop réfléchir, où l’élégance naît du hasard plutôt que du calcul. Des mailles compactes se posent sur des T-shirts oversize. Des chemises froissées sont enfilées sans façon, parfois jetées par-dessus leur propre double, comme un rappel, un écho vestimentaire volontairement répété.
Les découpes, quant à elles, jouent sur l’asymétrie et le contraste des volumes. Une styliste présente sur place évoquait notamment une veste de costume transparente, une chemise nouée autour du cou comme un foulard et des manchettes ballons, autant de détails qui confèrent à la collection son caractère unique, entre rigueur de coupe et désinvolture assumée.
Le lin croise le jute. Le cuir côtoie le coton brut.
Et sous ces matières nobles ou pauvres, une silhouette qui refuse la rigidité. Les pantalons larges, portés bas sur les hanches, accompagnent des vestes dont les épaules glissent légèrement vers l’arrière pour une allure moins martiale et plus organique.
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La chaussure occupe une place centrale dans cette collection printemps 2027. Le créateur a reconduit sa collaboration avec la marque espagnole Aro, notamment autour du modèle Joaneta, sa silhouette la plus reconnaissable, réinterprétée cette saison avec un flocage et une finition mate et brillante, pour sa souplesse et sa semelle plate qui donne l’impression de marcher pieds nus. Parallèlement, une seconde collaboration avec le chausseur toscan Sturlini a donné lieu à des oxfords sans talon, des mocassins souples et des bottines en toile surpiquée.
Ces sneakers bicolores sont associées à des pantalons larges et transparents. Un mariage inattendu, presque incongru sur le papier, mais cohérent une fois porté.

Le jaune curcuma fait une apparition remarquée sur un short en cuir, aux côtés de jeans délavés et de pantalons de tailleur noués sur le côté. Une palette de couleurs globalement sobre, dominée par le blanc craie, le sable et l’écru, ponctuée de touches plus vives qui réveillent l’ensemble sans jamais le déborder.
Il y a, dans cette proposition, une forme de maturité assumée.
HED MAYNER épure sa silhouette signature pour révéler une élégance instinctive, tactile et contemporaine, une lecture qui rejoint l’intention affichée par le créateur lui-même. On y sent moins l’envie de démontrer que celle de clarifier, de revenir à une forme d’évidence.
Cette collection s’inscrit dans un calendrier parisien où HED MAYNER, lauréat du prix Karl Lagerfeld en 2019, occupe désormais une place affirmée aux côtés des grandes maisons. Longtemps considéré comme une valeur montante et discrète, le créateur confirme avec ce printemps 2027 une identité désormais bien installée : un vestiaire masculin pensé dans le détail, loin des effets de manche, où chaque matière, chaque volume, chaque accessoire répond à une intention précise plutôt qu’à une tendance passagère.






















