Peter Copping signe une collection printemps 2027 pour LANVIN qui interroge la garde-robe dâun homme cultivĂ©, curieux et libre de ses choix. Pour bĂątir ce vestiaire inĂ©dit, le directeur artistique a dĂ» composer sans filet. Contrairement au vestiaire fĂ©minin de la maison, abondamment archivĂ©, celui des hommes a presque toujours Ă©tĂ© nĂ©gligĂ©.

En plongeant dans les archives de la maison, il a dĂ©couvert que les silhouettes masculines de Jeanne Lanvin avaient quasiment disparu, hormis quelques mentions dans un carnet de clients. PlutĂŽt que de dĂ©plorer cette absence, il en a fait un point de dĂ©part. Faute de robes ou de costumes Ă Ă©tudier, il sâest tournĂ© vers les hommes qui auraient pu les porter Ă lâĂ©poque : un cercle dâartistes, dâĂ©crivains et dâintellectuels parisiens, Ă©lĂ©gants sans ĂȘtre conventionnels.
André Breton et les surréalistes hantent ainsi cette nouvelle garde-robe, aux cÎtés de personnalités plus contemporaines comme Julian Schnabel, dont une photographie de 2016 circulait pendant la présentation. Cette filiation imaginaire confÚre au vestiaire masculin de LANVIN une assise inattendue, presque littéraire.
| đ RepĂšres clĂ©s |
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| đ Printemps 2027 â Peter Copping imagine le premier vĂ©ritable chapitre masculin de son mandat chez LANVIN. đš Point de dĂ©part inĂ©dit â Lâabsence quasi totale dâarchives masculines devient le moteur crĂ©atif de la collection. đ§” Signature stylistique â Tailoring fluide, soies prĂ©cieuses, textiles sophistiquĂ©s et palette subtile renouvellent le vestiaire. đ Influences â Les surrĂ©alistes, Saint-Germain-des-PrĂ©s et lâunivers maritime façonnent lâidentitĂ© de cette saison. âš Vision â Une Ă©lĂ©gance cultivĂ©e, libre et contemporaine qui accompagne lâĂ©volution du vestiaire masculin. |

On y croise un homme qui pourrait tout aussi bien sortir dâun cafĂ© de Saint-Germain-des-PrĂ©s que dâun atelier dâartiste.
Les costumes en laine et viscose, taillĂ©s dans un bleu pĂąle qui tombe avec une lĂ©gĂšretĂ© presque liquide, ouvrent le bal. Vient ensuite un clin dâĆil malicieux aux tenues dâouvriers : des combinaisons en soie parachute reprennent, dans une matiĂšre noble, la silhouette du bleu de travail. Le pyjama en soie rayĂ©e, lui, sâautorise Ă sortir de la chambre pour se porter en plein jour, dĂ©pareillĂ©, avec une dĂ©contraction calculĂ©e.
Une veste de smoking classique se marie Ă un jean droit plutĂŽt quâĂ un pantalon habillĂ©. Un haut en jersey lĂ©ger aux manches en soie semĂ©es de rayures de cristaux remplace la chemise empesĂ©e. Cette libertĂ© assumĂ©e traverse toute la collection sans jamais virer au dĂ©guisement.
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CÎté allure, Copping convoque un romantisme maritime à la Cary Grant. Un caban ample, un blouson en lin texturé et des pulls marins rayés, conçus en collaboration avec la maison britannique John Smedley, créent une ambiance balnéaire feutrée. La Bretagne, terre de villégiature chÚre à Jeanne Lanvin et à sa fille Marguerite, inspire discrÚtement ces créations.

Un coton canvas fin et lĂ©gĂšrement lustrĂ© cĂŽtoie un jacquard crocodile texturĂ© et dorĂ©, utilisĂ© pour confectionner un manteau dâune prĂ©sence rare. Câest dans le traitement des textiles que la collection passe du simplement sĂ©duisant au vĂ©ritablement mĂ©morable ; Copping sait en effet doser lâeffet sans jamais surcharger la silhouette.
Les vestes ne sont pas en reste, quâelles soient croisĂ©es en bleu poudrĂ© ou droites en rose poussiĂ©reux, deux teintes rarement associĂ©es au vestiaire masculin classique. Elles apportent Ă la garde-robe quotidienne un supplĂ©ment dâĂ©lĂ©gance, sans la moindre rigiditĂ©.
Ă cĂŽtĂ© de cette confection fluide, des piĂšces plus utilitaires ancrent la collection dans le rĂ©el : un coupe-vent en coton et nylon fini en cuir, un pull de pĂȘcheur tricotĂ© avec soin, une capuche amovible en popeline de coton. Des vĂȘtements qui donnent envie dâĂȘtre portĂ©s, simplement parce quâils sont Ă la fois utiles et beaux.
Peter Copping reconnaĂźt volontiers quâune telle proposition aurait Ă©tĂ© plus difficile Ă dĂ©fendre il y a dix ans. Les hommes assument aujourdâhui plus librement une part de fĂ©minitĂ© dans leur vestiaire et un crĂ©ateur formĂ© dans lâunivers de la mode fĂ©minine y trouve un territoire dâexpression naturel.
























