ssstein signe l’une des propositions les plus apaisantes de la saison printemps 2027. À Paris, Kiichiro Asakawa a présenté une collection née d’un souvenir de lac au petit matin, entre brume légère et premières lueurs du jour. Le fondateur de la marque japonaise confirme, saison après saison, une approche du vêtement fondée sur la retenue plutôt que sur l’esbroufe.

Debout au bord de l’eau, il a observé la lumière se poser sur le paysage comme sur une toile vierge, couche après couche. Quelques jours plus tard, une série d’aquarelles de l’artiste Roni Horn a ravivé cette même sensation avec ses accumulations de points colorés évoquant le même trouble visuel. De cette double rencontre est née une palette de couleurs : jaune pâle, vert amande, rose poudré et bleu layette, adoucie par des tons plus sourds, comme le taupe, le greige et le brun rouille.
Un blouson en nylon jaune pâle, développé en exclusivité avec le tisseur italien Olmetex, a été délavé pour obtenir un fini patiné et une coupe aérienne, avec un léger effet de fronçage entre les coutures. Le daim, quant à lui, a été teint par tumbling plutôt que pigmenté, ce qui lui confère une couleur profonde et un toucher souple. Quant au denim maison, un mélange inédit de coton et de chanvre, il joue sur des fils teints en corde pour créer des jeux d’ombre, complétés par une sur-teinture qui atténue l’ensemble. Le seul motif de la collection, un carreau gris tissé par la maison britannique historique Moon, clôt cette gamme chromatique avec sobriété.
| 📌 Repères clés |
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| 🌅 Inspiration née d’un paysage au lever du jour et d’aquarelles de Roni Horn. 🧵 Matières développées avec des tisseurs italiens et britanniques de référence comme Olmetex, Pontoglio et Moon. 👔 La cravate cousue main à sept plis s’impose comme la pièce emblématique de la saison. 🇯🇵 Fondée à Tokyo en 2016, ssstein poursuit son ascension après son arrivée au calendrier parisien. ✨ Le printemps 2027 célèbre un luxe silencieux où la précision prime sur l’effet spectaculaire. |

Le vêtement fort de la saison reste un manteau mi-long taillé dans un velours côtelé du fabricant italien Pontoglio, lavé puis séché en tambour afin d’accentuer le grain du tissu. Sa coupe carrée, structurée par des pinces au niveau des manches, évite toute mollesse. Certaines pièces sont doublées de flanelle de soie et de rayonne, un détail invisible qui en dit long sur le soin apporté à l’intérieur des vêtements.
Une soie lavable teintée en dégradés doux se transforme en shacket, un vêtement hybride entre la chemise et la veste, que l’on peut superposer à la chemise assortie. Autre proposition en total look : une chemise skipper et un pantalon en lin extra-léger à taille élastiquée et cordon, coupé large sans jamais tomber dans le relâché. L’accessoire signature reste une cravate à sept plis cousue main, à porter avec une chemise en laine légère signée Canonico ou Delfino, deux des plus grandes maisons textiles italiennes.
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Les mannequins portaient des cols de chemise entrouverts, un pan rentré et l’autre sorti, comme s’ils venaient de se lever. Rien de négligé pourtant : ce désordre apparent soulignait au contraire la douceur des lignes et la précision du geste créatif.
ssstein n’a rien d’une maison installée depuis des décennies. Fondée en 2016 à Tokyo, la marque est née après la fermeture de la boutique vintage Naichichi, où Asakawa a passé plusieurs années à déconstruire des pièces de seconde main pour en comprendre la construction. Il a ensuite ouvert la boutique Carol à Tokyo, où il proposait notamment des jeans Levi’s 501 vintage ajustés sur mesure pour chaque client. Cette rigueur artisanale lui a valu le Fashion Prize of Tokyo 2025, une récompense qui lui a ouvert les portes du calendrier parisien.




















