Chez WOOYOUNGMI, la saison printemps 2027 s’ouvre sur une conviction simple : s’habiller peut redonner de la légèreté à une époque anxieuse. À la tête de la maison coréenne qu’elle a fondée à Paris en 2002 sous le nom de Wooyoungmi, Madame Woo construit sa nouvelle collection masculine autour du heung, une notion originaire de Corée qui associe joie, spontanéité et élan intérieur. Loin d’être un simple argument marketing, ce principe devient un véritable cahier des charges stylistique, une véritable grammaire du vêtement.

La proposition centrale ne repose pas seulement sur la couleur ou la coupe. Elle passe également par les traces visibles du temps : décoloration, patine, assouplissement progressif de la matière. Les tissus et les cuirs vibrants sont soumis à des traitements qui recréent cette usure choisie, si bien que certaines pièces, comme des pantalons en cuir volontairement éraillés et des manteaux et chemises transparents dont la technique de teinture froissée évoque un effet froissé, semblent avoir été exposées au soleil ou héritées d’une génération précédente.
La palette de couleurs annonce d’emblée le programme. Carreaux madras vert menthe, vestes de costume bleu bleuet, shorts d’esprit garçonnier dans des roses poudrés et bas de survêtement citron vert : les teintes évoquent davantage un sorbet qu’un manifeste. Les silhouettes amples, aux épaules structurées, se mêlent à des mailles losangées et à des chemises nouées de cravates aux motifs rétro, pour un esprit préppy qui ne se prend jamais trop au sérieux.

| 📌 Repères clés |
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| 🌸 Collection — WOOYOUNGMI printemps 2027 présentée à Paris. 🇰🇷 Inspiration — le heung, symbole coréen de joie et d’élan intérieur. 👔 Signature — tailoring précis, volumes amples et matières volontairement patinées. 🎨 Identité visuelle — madras, motifs minhwa, symboles du sipjansaengdo et talismans revisités. ✨ Vision — une élégance masculine qui privilégie la culture, la légèreté et la durabilité émotionnelle. |
Les vestons cintrés côtoient les blousons de travail. Les shorts bermuda respirent. Aucune pièce n’écrase l’autre.
Le motif agit comme un fil conducteur transculturel. Les rayures traversent manteaux, chemises et sacs dans des interprétations puisées dans différentes traditions, tandis que les carreaux, emblème ancien de spiritualité et d’appartenance, structurent les tailleurs et les tenues d’intérieur. La plume, symbole universel de légèreté, se décline en manteaux diaphanes teints par froissage, en vestes et en chemises ; cette technique inscrit le mouvement au cœur même de la matière.
Les Minhwa, peintures populaires coréennes, s’invitent sur des chemises où des grues, des fleurs, des arbres et des cerfs, inspirés de ces peintures, deviennent des figures de légèreté empruntées à la tradition. Les symboles de longévité du sipjansaengdo se réinventent en graphismes naïfs sur des T-shirts et en broderies sur denim, aux côtés de fleurs de lotus incarnant la pureté et le renouveau. Des breloques en cuir réinterprètent le gwaebul norigae, ce talisman protecteur traditionnellement porté avec le hanbok.
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Le défilé, présenté à Paris, portait la signature du styliste Nicco Torrelli, directeur de la mode du magazine DUST, épaulé par Madame Woo en personne, tandis que le casting était assuré par Shelley Durkan. Une nouvelle génération de mannequins a présenté cette garde-robe solaire sur le podium.

Cette approche n’est pas nouvelle chez la créatrice. La saison précédente déjà, elle s’était inspirée du premier réseau ferroviaire sud-coréen, le Gyeongin, pour habiller des voyageurs traversant les époques. D’une saison à l’autre, la créatrice construit ainsi un vestiaire cohérent, dans lequel le vêtement devient le vecteur d’une mémoire choisie plutôt que subie.
WOOYOUNGMI a toujours navigué entre une coupe millimétrée et une curiosité culturelle assumée. Cette collection printemps-été 2027 en offre l’expression la plus aboutie : des silhouettes aériennes, un vestiaire d’accessoires qui fonctionne comme un discours parallèle plutôt qu’un simple ornement, et une garde-robe pensée pour des hommes qui souhaitent afficher leur joie sans jamais paraître déguisés.
Madame Woo le répète volontiers : elle habille des hommes d’aujourd’hui, pas des personnages de fiction. Le vêtement reste concret. C’est peut-être là sa vraie légèreté.












